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La Guinée nouvelle

Présidentielles: Qui s’imposera du trio ?

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A moins de trois semaines de la présidentielle, la campagne bat toujours son plein sous fond de cadence musicale dans les quatre régions du pays. Tous les prétendants sérieux sont allés à la conquête de leur électorat pour demander leurs suffrages le 27 juin.

 

Parmi les futurs locataires du palais, tous les observateurs avisés s’accordent à dire que la course vers le Kibanyi (abandonné par Lansana Conté pour des raisons de maladie), trois candidats s’affichent réellement sur la ligne d’arrivée. Il s’agit du Pr. Alpha Condé (RPG), des deux anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo (UFDG) et Sidya Touré (UFR).

D’abord, il faut reconnaitre qu’à l’allure où se déroulent les campagnes électorales, aucun candidat ne peut prétendre rafler dès le premier tour plus de 50% des suffrages. Les voix des électeurs seront reparties sans nul doute entre les différents candidats selon leurs régions et leurs appartenances  ethniques. Il n’est un secret pour personne que la division ethnique que connait la société guinéenne, aura son pesant d’or dans ces élections. La cassure sociale et la subdivision naturelle  est telle que tous les Guinéens (intellos et incultes) en majorité écrasante sont devenus malheureusement  ‘’ethnos’’ en s’alignant derrière leurs parents, candidats à la présidentielle, pour le plus grand malheur du pays.

 

Alpha Condé, un prétendant qui fait peur


Le leader du RPG est sans nul doute celui qu’on craint le plus dans cette bataille vers Sékhoutouréya. Pour n’avoir pas été associé à la gestion épouvantable du pays durant les 24 ans de feu Lansana Conté. Alpha Condé à bien des arguments face à l’administration de ses adversaires. Pour de nombreux observateurs avisés, il est celui qu’il faut à la Guinée pour soigner des maux qui se nomment : corruption généralisée de l’administration publique, pillage récurrent des caisses de l’Etat par des cadres véreux, le bradage des richesses minières du pays, la cession controversée du patrimoine bâti public à des particuliers et autres sociétés, le pillage de la banque centrale par des bandits à col blanc et des opérateurs économiques, gabegie financière,  impunité etc. Egalement, il y en a qui pensent que pour mettre fin au ‘’système Conté’’ qui a enfanté de nombreux prédateurs dans l’administration, rendant l’écrasante majorité des Guinéens misérables les uns sur les autres. A titre d’exemple, les milliers de mendiants ‘’errants’’ sur les routes de la capitale et de l’intérieur, en quête du quotidien, les cris des pauvres ménagères dans les foyers, la cherté de vie due à la descente courante aux enfers du franc face à l’euro et au dollar, le manque criard de l’électricité, de l’eau en ce 21ème Siècle, en sont des preuves éloquentes. Pour les fieffés du RPG, si Alpha Condé est élu au lendemain de la présidentielle, tous ces fléaux suscités, seront combattus avec la dernière énergie. Le leader du RPG est-il alors le Zorro (le redresseur des torts) que les Guinéens recherchent depuis des ‘’lustres’’ pour sauver leurs pays ? La forte mobilisation de sa communauté certifiant qu’il a les mains propres, prouve suffisamment qu’il a un atout dans ces élections. Quoi qu’il en soit,  nombreux sont ceux qui croient  que Alpha Condé est le ‘’médicament’’ qu’il faut à la Guinée pour soigner le mal qui la ronge depuis son indépendance. Même si certains pensent qu’il n’a jamais géré le moindre service étatique à fortiori un Etat. Espérons qu’une fois à la Présidence, il ne sera pas un revanchard qui va régler de vieux comptes.

 

Cellou Dalein Diallo, un prétendant aux dents longues


Le président de l’UFDG venu en politique il n y a pas longtemps, dérange bien dans la classe politique. Il est, en réalité, un adversaire coriace  devant Alpha Condé et les autres candidats sérieux en lice pour  la présidentielle. Il a de réelles ambitions pour briguer le fauteuil présidentiel. Pour avoir passé 11 ans dans les gouvernements qui se sont succédé de 1996 à 2006, l’ancien ministre et Premier ministre Cellou Dalein présente les infrastructures routières et autres ponts et chaussées réalisés aux quatre coins du pays comme étant des acquis au profit de son pays. Au cours de sa campagne, il brandit toutes ces réalisations  pour certainement tenter de se démarquer de ses concurrents. Dans son parcours plus ou remarquable, il faut dire que beaucoup de Guinéens lui collent des étiquettes dont il a du mal à s’extirper. Il fait partie des cadres qui se sont enrichis dans l’argent public, soutiennent ses détracteurs. Et comme le règne de Conté a été caractérisé par des vols de deniers publics et autres bradages de son patrimoine, tel que Air Guinée, le fils de Dalein a t-il des comptes à rendre aux Guinéens ? Ses rivaux voient que sa richesse trouve son origine dans les différents marchés qu’il a passés avec des sociétés qui ont construit nos routes et ponts à Boké, à Kankan et en forêt. Toutefois, il est très facile d’accuser que d’apporter les moindres preuves sur les détournements qu’il aurait effectués durant ses 11 ans de service auprès de Conté. Quoi qu’il en soit, Cellou Dalein Diallo qui fait rêver ses millions de militants et sympathisants à travers le pays et à l’étranger, sera difficile à battre dans ces élections. La forte mobilisation de sa communauté (la plus nombreuse du pays) semble être un véritable atout pour lui. Tous les ‘’fous’’ de l’UFDG (Madje et Ibra par exemple) le voit déjà briguer la magistrature suprême. Sera-t-il le prochain président de la Guinée ? Ses partisans n’en doutent pas une seconde.

 

Sidya Touré, un technocrate rassembleur


L’ancien directeur de cabinet de Allasane Ouattara, ex Premier ministre de la Côte d’ivoire à l’époque du président Félix Houphouët Boigny, peut bien diriger la Guinée à cause non seulement des énormes qualités qu’il a, mais surtout à cause du fait qu’il est issu d’une ethnie minorité. Ensuite, il est un fin technocrate qui a fait ses preuves dans son pays d’origine la Guinée. Ce qui le pousse de dire au cours de ses campagnes électorales qu’il a donné du courant à la capitale guinéenne en six mois seulement après sa prise de fonction comme PM. en juillet  1996. Avec sa riche expérience des affaires publiques, Sidya Touré a incontestablement des atouts pour prendre la tête du pays. Malgré tous les coups bas qu’il a subit en 3 ans de service auprès de feu Lansana Conté, il a fait rêver ses compatriotes en leur démontrant surtout sa capacité à sortir le pays de sa situation économique désastreuse, exsangue, de la pauvreté absolue des populations. La gestion de l’argent public, la stabilisation du franc, la lutte contre la corruption érigée en système de gestion, la gabegie financière et l’impunité, M. Touré en a fait son problème pendant son séjour à la Primature. Il a combattu ces pratiques face à un chef de l’Etat laxiste qui tirait parfois les ficelles en protégeant des prédateurs. D’ailleurs, les reformes de Sidya ne plairont pas à Conté. Surtout quand il a pris la décision de réduire et contrôler les fonds de souveraineté à la présidence et les sorties d’argent injustifiées à la banque centrale, où l’autoritaire président se servait à satiété. ‘’Moi je ne vole pas, mais je prends’’, était la réponse que le ‘’prési’’ donnait à tous ceux qui croyaient qu’il maraudait des sous à la BCRG. L’autre malheur de Sidya Touré viendra de l’ancien ministre des finances Ibrahima Kassory Fofana qui, pour des raisons inavouées, le ‘’combattra’’ avec la complicité de celui qui est allé négocier à Abidjan  son retour au bercail, Aboubacar Somparé, ancien président de l’assemblée nationale et candidat à la présidentielle du 27 juin 2010. Ainsi, tous les projets de M. Touré furent anéantis par un clan présidentiel qui cherchait à sauvegarder par tous les moyens, ses intérêts égoïstes, privilèges et autres avantages. Ces ennemis de la République plutôt de Sidya Touré foulèrent ainsi au sol les projets de l’ancien locataire de la Primature qui ambitionnait pourtant d’améliorer la gestion des finances de l’Etat, de créer de meilleures conditions de vie pour ses compatriotes, de donner de l’électricité partout dans le pays. Mais si le départ de Sidya Touré à la Primature a été ‘’célébré’’ par Kassory et consorts, les Guinéens en écrasante majorité n’ont pas apprécié l’acte posé par Conté. Qui avait donné raison à des gens qui ont conduit le pays avec lui à l’agonie. En tout cas, ils étaient nombreux à l’époque des faits, à condamner vivement le limogeage de Sidya Touré par un Conté avide de pouvoir. Contrairement à ceux qui l’ont emboité le pas à la Primature, M Touré a prouvé à ses compatriotes que le développement de la Guinée était possible. Ce qui lui vaut jusqu’ici respect et crédibilité auprès de ceux-ci. L’homme a des partisans dans les quatre régions du pays qui lui renouvellent leur confiance aujourd’hui. Il peut changer la Guinée, croient ses idoles. Il faut reconnaitre néanmoins que la popularité de Sidya Touré reste inchangeable face à ses adversaires politiques. Avec la présidentielle du 27 juin, il est fort à parier qu’il sera incontournable en cas de second tour. Ce qui évidemment l’approcherait soit du palais Sékhoutouréya ou de la Primature qu’il a occupé de 1996 à 1999. Bonne chance donc aux trois prétendants réels pour la présidence. Que le meilleur gagne pour une Guinée unifiée et prospère.

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