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La Guinée nouvelle

Problématique de l’alternance en Afrique: et si les éternels opposants politiques passaient la main ?

Au cours du premier trimestre 2010 au Togo, et officiellement avant la fin de cette année en Côte d’Ivoire, devra être organisée une élection présidentielle pour laquelle se sont déjà positionnés respectivement Ado (Alassane Dramane Ouattara ) et Gilchrist Olympio, deux caricatures de l’opposant “éternel” africain. Doivent-ils nécessairement être de nouveau candidat quand il est de notoriété publique que leurs adversaires en face ont juré de ne jamais leur céder le pouvoir, même en cas de victoire électorale ?

Ado (Côte d’Ivoire), Me Benewede Sankara (Burkina Faso), Alpha Condé (Guinée-Conakry), Gilchrist Olympio (Togo), John Fru N’di (Cameroun), Etienne Tshisekedi (Congo démocratique), Severo Moto (Guinée-équatoriale), Ngarleji Yorongar (Tchad), Hassan El Tourabi (Soudan) ou encore Morgan Tsvangirai (Zimbabwe) etc. Ce sont autant de noms de célèbres opposants africains qui languissent depuis plusieurs années voire des décennies dans les couloirs de différents pouvoirs.

Ils ont en commun, le mérite d’être le porte-flambeau des aspirations profondes et légitimes d’une grande partie de leurs peuples. Jusqu’à quand ?!, pourrait-on s’interroger, quand on sait que trop souvent, ces aspirations ne se concrétisent pas parce que d’une part les victoires électorales leur sont déniées, et d’autre part parce qu’ils prennent de l’âge eux-mêmes, hypothéquant par contrecoup la réalisation des ambitions des jeunes qui leur accordent généralement leur voix et leur sympathie.

Dans le cas ivoirien par exemple, Ado s’était déjà mis dans la peau d’un président et avait confié à des journalistes, en prévision de la présidentielle maintes fois reportée dans son pays en 2008 : « …Notre ambition est, après les élections, d’avoir un gouvernement d’union nationale avec les autres partis et de faire en sorte que ces partis aient des portefeuilles importants, de souveraineté. Il faut qu’ils se sentent véritablement dans l’équipe du chef de l’Etat, ne serait-ce que sur une certaine période, pour permettre à la Côte d’Ivoire de sortir de cette crise ». Un leitmotiv qui rejoint la quintessence de l’habituel discours des membres de sa formation politique, le Rdr (Rassemblement des républicains) et que doivent partager tous les aigris de la politique d’« ivoirité » dont Ado lui-même a été victime.


Cependant, que valent ces belles conjectures intellectuelles, politiques et politiciennes dans un environnement politique où tout semble être déjà joué et acquis entre Guillaume Soro et Laurent Koudou Gbagbo, “ex-principaux” acteurs de la guerre qui ébranle le pays de Houphouët-Boigny depuis près d’une décennie ? La survivance du différend sociopolitique dans cet important Etat de l’Afrique occidentale, on le sait, continue d’être liée à la personnalité de l’ex-Premier ministre de M. Boigny. Selon qu’on le catégorise comme étant « pro-Français » ou défenseur de la cause des étrangers en terre ivoirienne. Idem pour la liste des pays dont les opposants ont été cités plus haut. Ainsi, l’opinion est en droit de penser au visage que présenteraient les luttes à caractère politique dans plusieurs Etats africains si leurs oppositions viennent à changer de leader.


Les détracteurs d’une telle thèse pourront toujours dire qu’en 2003 et en 2005 au Togo par exemple, Gilchrist Olympio, patron de l’Ufc (Union des forces de changement), n’avait pas été positionné par son parti (pour la présidentielle) mais que les résultats sortis officiellement des urnes avaient donné le parti au pouvoir vainqueur. Comme d’habitude ! Alors que le bilan de ce parti, Rpt (Rassemblement du peuple togolais), a fini d’enfermer son peuple dans une paupérisation sans nom.


Mais une chose est certaine : une Henriette Dagri Diabaté (en Côte d’Ivoire) ou un Jean-Pierre Fabre (au Togo), tous deux des adjoints éminents respectivement d’Ado et M. Olympio et qui n’ont pas un parcours intimement lié aux remous politiques de leurs pays comme leurs aînés sus-mentionnés pourraient produire d’autres résultats devant les mêmes adversaires politiques. Faire d’importantes concessions, même personnelles, au déblocage de différends politiques devrait aussi… dorénavant rentrer dans les habitudes des opposants africains. Leurs jeunes sympathisants s’essoufflent !


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