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Publié par bouba&reuters

Jean-Marie Doré, vétéran de l'opposition, a été chargé mardi par la junte militaire au pouvoir en Guinée, de diriger un gouvernement de transition en attendant les premières élections libres depuis le putsch du capitaine Moussa Dadis Camara, en décembre 2008.

Voici divers scénarios possibles à la suite de ce nouveau développement politique, bien perçu par la communauté internationale, qui suit de près la situation dans le premier pays exportateur de bauxite du monde.
 

LE GOUVERNEMENT DORÉ SE MET AU TRAVAIL

Le capitaine Camara a été blessé à la tête lors d'une tentative d'assassinat, le 3 décembre. Sa mort aurait pu entraîner des violences, qui ont été ainsi évitées. Mais il est politiquement hors jeu et des perspectives d'un retour à un pouvoir civil se dessinent.

Au moins officiellement, la junte, désormais dirigée par son numéro deux, le général Sékouba Konaté, soutient la transition vers la démocratie. Avec Jean-Marie Doré, qui ne s'est pas compromis sous l'ancien régime impopulaire du président Lansana Conté, le gouvernement est doté d'une figure respectée.

La clé du succès de Doré, issu, comme Camara, de la région forestière de l'Est, sera de gouverner sans s'aliéner les autres ethnies du pays.

Sa nomination pourrait ne pas s'avérer suffisante aux yeux de l'Union africaine, des Etats-Unis et de la France pour qu'ils lèvent leurs sanctions contre la Guinée. Mais la mise en quarantaine du régime de Conakry pourrait s'atténuer si des progrès vers des élections sont perceptibles.

De son côté, la Cour pénale internationale va devoir décider s'il y a lieu de poursuivre Camara, aujourd'hui en convalescence au Burkina Faso, pour le carnage commis par ses bérets rouges le 28 septembre dans un stade de la capitale où étaient réunis des milliers d'opposants. Le procureur de la CPI a annoncé qu'il avait ouvert une enquête. La question de la capacité physique de l'officier a être jugé pourrait également se poser.


DES ÉLÉMENTS DE L'ARMÉE INTERVIENNENT

De nombreux analystes pensent depuis longtemps que la principale menace pour la stabilité du pays vient de l'armée. Même depuis le coup d'Etat de décembre 2008, elle est minée par l'indiscipline et des dissensions internes.

Deux officiers symbolisent le principal clivage qui parcourt l'armée: le lieutenant Aboubar "Toumba" Diakité, ancien aide de camp de Camara, désigné par la junte comme celui qui a tenté d'assassiner celui-ci, et le capitaine Claude Pivi, qui traque "Toumba", toujours en fuite.

Pivi a montré dans le passé sa capacité à cristalliser le mécontentement de la troupe, comme lorsqu'il a dirigé une violente mutinerie en mai 2008 pour réclamer des augmentations de soldes. Mais rien n'indique qu'il dispose d'appuis suffisants pour fomenter lui-même un coup d'Etat.

Bien que la population y réfléchirait à deux fois avant de descendre dans les rues pour manifester contre l'armée depuis le carnage du 28 septembre, qui a fait quelque 150 morts, un autre coup d'Etat serait peu susceptible de recueillir un soutien populaire ou un assentiment international.
 


DES ÉLECTIONS DES 2011

La plupart des observateurs conviennent qu'une élection présidentielle ne sera ni possible rapidement, ni facile à organiser. Sa crédibilité sera vitale. Dans le passé le président Conté a été accusé de truquer le scrutin. Il avait ainsi obtenu plus de 90% des suffrages en 2003.

Ni les membres de la junte, ni Doré, ni les autres membres de son gouvernement de transition ne seront habilités à se présenter à la présidence. Parmi les candidats en vue possibles figurent trois leaders d'opposition: Sidya Touré (Union des forces républicaines), François Louceny Fall (Front uni pour la démocratie et le changement) et Alpha Condé (rassemblement du peuple guinéen).

Dans un pays sans véritable tradition démocratique, une solide assistance internationale sera nécessaire pour assurer la légitimité des opérations. Tout indique que les pays influents en Guinée et les organisations internationales sont prêtes à y contribuer.

La stabilité de la Guinée est jugée cruciale pour celle de l'ensemble d'une région riche en minerais et matières premières car trois de ses voisins, la Côte d'Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone, se remettent encore de leurs conflits civils.

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