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Publié par africa.blogs.liberation.fr

http://africa.blogs.liberation.fr/.a/6a0128774b8ce0970c0120a8a62e85970b-320wiRabiatou Diallo est tellement épuisée qu'elle a du mal a garder les yeux ouverts. Cette dirigeante syndicale, respectée pour son intégrité, ne cachait pas sa déception, une semaine avant la formation, le 15 février, du gouvernement de transition. «Il aurait fallu mettre les politiciens à l'écart de la transition et confier le gouvernement au mouvement social, pour en garantir la neutralité», affirme-t-elle, écoeurée par les grandes manoeuvres auxquelles elle a assisté pour conquérir un portefeuille ministériel ou de secrétaire d'Etat. «Les rumeurs, qui ont toujours un fond de vérité dans ce pays, disent même que des postes ont été achetés. Les gens donnent de l'argent par ici et par là. Nous sommes dans la continuité avec le régime de Lansana Conté, avec des ministres qui veulent tout pour eux seuls, et rien pour les autres !»

Rabiatou Diallo, mère de sept enfants et treize fois grand-mère, entretient une quarantaine de personnes sous son toit. Depuis les évènements du 28 septembre, qui ont vu l'armée tirer sur des manifestants dans un stade et faire 156 morts, elle a mis les plus petits à l'écart, dans une autre maison. Le seul policier qui lui sert d'escorte est un ami de la famille. Elle tient à laisser le portail de sa modeste villa ouvert, dans le quartier populaire où elle habite à Conakry. Dans sa cour, où des femmes font la lessive et la cuisine, elle a fait creuser un puits et installé une pompe. Elle laisse le quartier s'y approvisionner gratuitement, et met en marche son groupe électrogène pour que la pompe continue de fonctionner, même quand il y a des coupures de courant. «Moi, je ne vends pas l'eau», précise-t-elle. D'autres ne se gênent pas pour le faire.

 

 

Cette battante, dont le nom avait été proposé par la société civile pour être le Premier ministre de transition, estime que l’absence d’eau courante et d’électricité dans la capitale, Conakry, relève de décennies de mauvaise gestion et de corruption. «La gangrène est profonde», dit-elle, persuadée qu’il faudrait organiser une «conférence spéciale, préfecture par préfecture, pour que les Guinéens puissent enfin parler de leur histoire, revenir sur les tueries, les détournements de fonds, et connaître à fond ce mal guinéen qui ressemble à une malédiction».


A sa manière, elle a fait pression sur les autorités de son pays. Elle est partie le 7 février pour une semaine à Genève, ayant compris que le poste de ministre de l'Aménagement du territoire allait lui échapper dans le gouvernement de transition. «Tout ce qui m'intéresse, c'est d'organiser des élections transparentes dans ce pays», dit-elle. Le général Sékouba Konaté, président par intérim, a bien capté le messsage. Il a nommé Rabiatou Diallo par décret, le 8 février, à la présidence du Conseil national de transition (CNT). Cet organe consultatif de 101 personnes sera chargé de revoir toutes les lois du pays, Constitution comprise. Un coup dur pour Jean-Marie Doré, le Premier ministre de transition, qui va devoir composer avec ce contre-pouvoir important.

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