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Publié par l'indépendant

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L’élection de Louncény Camara à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le 21 septembre dernier, suscite depuis de vives polémiques dans le camp de « l’Alliance Cellou Dalein président » où on qualifie cette élection de « hold-up ». Selon eux, ni le caractère indépendant et autonome de l’institution, ni le fait que le président fut choisi par élection ne suffisent à légitimer Louncény qui militerait activement pour le RPG. Ils emboitent ainsi le pas à l’Arc-en-ciel qui demandait le départ de la présidente par intérim pour ses affinités supposées pour l’UFDG. 

Au sein de l’opinion, on évoque de plus en plus le besoin de faire piloter la CENI par une personne étrangère comme on l’avait fait en Sierra Léone ou au Kossovo.

Une rencontre extraordinaire sous les auspices de la présidente du CNT a réuni, lundi les principaux acteurs autour de cette nouvelle crise. Avec les représentants des deux candidats, les membres de la CENI, les membres du CNT, les textes régissant la transition ont été relus sous l’angle de la crise. A l’issue de la concertation, une note technique a été produite. S’adressant à la presse, Rabiatou S. Diallo a annoncé que des propositions ont été faites pour une sortie de crise, sans fournir plus de des détails. Ces propositions seront soumises au Président de la transition à qui reviendrait de trancher.

La peur s’empare de plus en plus des Guinéens. La tenue du second tour de la présidentielle qui devait avoir lieu le 4 août (selon la loi) semble incertaine. Car depuis, nombreux sont les Guinéens qui ne nourrissent plus d’espoir quant à la tenue rapide du second tour. La date du 19 septembre, qui avait été arrêtée par consensus par les deux candidats au second tour, n’aura été finalement qu’un simple canular. Cela malgré, la forte pression de la communauté internationale qui s’investit sérieusement pour des élections libres, transparentes et crédibles en Guinée.

Le retard que l’on est en train d’accuser dans cet entre-deux-tours, inquiète aujourd’hui plus d’un observateur. C’est du moins ce que l’on puisse dire. Or, après une première transition chaotique, il y avait en un regain d’espoir au cours de cette autre transition version Sékouba. Qui aura réussi, depuis la signature des            accords de Ouaga, le 15 janvier dernier, à relancer le processus de transition qui était mal en point. Mais le prolongement du processus suite aux retards constatés ces derniers temps risque aussi de tout remettre en cause. Ainsi conscient de l’enjeu que cela suscite, le chef de la transition a adopté la fermeté pour la tenue du second tour. Afin de libérer les Guinéens en favorisant le retour à l’ordre constitutionnel. « Un deuxième report du second tour de l’élection est exclu », avait déclaré le Général Sékouba Konaté le 21 septembre dernier, devant les acteurs de la transition et les deux leaders qualifiés au second tour. Il avait instruit à la CENI de trouver rapidement une date.

En dépit de cette pression, l’élection d’un autre président à la tête de la CENI, en lieu et place de Mme Aminata Mame Camara qui assurait l’intérim durant la longue absence de feu Ben Sékou Sylla, quelques heures seulement après cette déclaration du général, constitue aujourd’hui un handicap dans le dernier virage de la transition. D’autant que l’élection de Louncény Camara à la CENI est catégoriquement rejetée par l’Alliance Cellou Dalein Président.

Cellou et ses alliés s’opposent vigoureusement à cette élection et la qualifient de « putsch » électoral fomenté par certains membres de la CENI. Selon eux, il s’agit d’un coup de force ourdi par le camp adverse. Ils appuient leur argumentaire en invoquant l’article 5 du règlement intérieur de la CENI qui stipule : « l’assemblé plénière, instance suprême de la CENI est composée de l’ensemble de ses membres ». Or, selon eux, cette élection à été faite nuitamment et en catimini, à l’insu d’un certain nombre de membres de la CENI dont la présidente par intérim, Mme Hadja Mame Camara, qui est censée présider toute assemblée plénière. Trois autres membres de la CENI, à savoir feu président Ben Sékou Sylla, le conseiller juridique démissionnaire Me Abass Bangoura et Cheick Fanta Mady Condé appelé à d’autres fonctions, n’ont pas été remplacés.

En outre, au sein de l’UFDG on considère que Louncény Camara est un membre actif du RPG d’Alpha Condé. Ainsi pour l’Alliance Cellou Dalein président « ce sont des manœuvres dilatoires du RPG tendant à déstabiliser la CENI et à la mettre à ses dévotions ». L’alliance prévient qu’une telle « velléité pourrait avoir des conséquences d’une extrême gravité pour la poursuite d’une transition apaisée en Guinée ». Le camp de l’UFDG et ses alliés, affichent donc leur soutien à la présidente par intérim et lui demandent de poursuivre sa mission, c’est-à-dire d’organiser le second tour.

Et lors de l’assemblée générale de son alliance, tenue le week-end dernier, à Commandaya en présence de nombreux militants, Cellou n’y est pas allé de mains mortes pour fustiger ce qu’il a appelé « manœuvres dilatoires » qui risquent de compromettre la transition. Le leader de l’UFDG a ainsi invité ses militants et sympathisants à rester vigilants, à se mobiliser pour barrer le chemin à une éventuelle « mascarade » électorale. D’abord, selon lui la première manœuvre est celle ourdie par le Premier ministre Jean-Marie Doré, qu’ils accusent de vouloir torpiller le code électoral, en tentant de faire transférer les compétences de la CENI au MATAP. Le premier ministre avait même préparé un projet de décret mais qui accouchera d’une souris. Cela suite à l’opposition qu’affichait l’Alliance Cellou Dalein président contre ce projet. Quant à l’élection de Louncény Camara à la présidence de la CENI, le camp Cellou estime que c’est une manigance qui aurait aussi reçu la bénédiction de l’autorité. Car explique-t-on dans ce camp, l’indifférence qu’affiche l’autorité, malgré la vague de polémiques que suscite cette élection à la CENI, en fait foi. Ainsi face à ses militants, Cellou a fait montre de fermeté. « Dans notre stratégie nous avons toujours privilégié le dialogue. Mais s’il y a la nécessité de montrer la force, on le fera » car nous sommes prêts à refuser cette décision par tous les moyens appropriés » martèle-t-il devant des militants engagés.

Il faut signaler aussi que l’élection de Louncény Camara à la CENI a eu lieu à l’insu du président de la transition qui était à Bamako, où il avait pris part au cinquantenaire de l’indépendance du Mali. C’est donc depuis l’étranger que le Général Président Konaté a eu vent de la chose. Et dès son retour à la maison le vendredi dernier, le camp de Cellou, qui l’attendait de pied ferme, a été le rencontrer pour trancher le problème. Et selon un proche de Cellou, le président de la transition aurait promis d’examiner la situation.

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