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Publié par mamadou aliou diallo

 

La Guinée semble s’acheminer irrémédiablement vers l’impasse. Le report sine die du second tour de l’élection présidentielle fait aujourd’hui craindre le pire pour ce pays à l’histoire politique mouvementée. La demande d’un délai supplémentaire, de quelques semaines, formulée par la Ceni est diversement appréciée par les populations qui commencent à s’inquiéter de l’avenir de leur pays.

Les incertitudes planent sur le processus électoral en Guinée. Près de 48 heures après l’annonce d’un nouveau report de la date du second tour de l’élection présidentielle, qui était initialement fixé à dimanche prochain, c’est la consternation à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur. Les Guinéens, qui espéraient en finir avec cette interminable transition, ne comprennent pas pourquoi la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a attendu moins de quatre jours du scrutin pour jouer au prolongation. ‘Nous ne comprenons pas pourquoi la Ceni à attendu jusqu’à ce jour pour dire qu’elle n’est pas en mesure d’organiser le second tour. Je crois qu’elle aurait pu le dire depuis des semaines pour fixer les Guinéens. Je trouve que tout cela est suspect’, déclare Momo Bangoura, ancien fonctionnaire à la retraite, joint jeudi à Conakry. Il considère cette longue et interminable attente du second tour comme une véritable épreuve imposée à la population guinéenne.

Dans le camp de Cellou Dalein Diallo, la déception est également à son comble. L’alliance ‘les bâtisseurs de la Guinée nouvelle’ qui regroupe la coalition des partis politiques qui soutiennent la candidature de l’ancien Premier ministre a vivement réagi après l’annonce de ce énième report du second tour. Elle exige des explications de la Ceni pour dire aux Guinéens ce qui s’est réellement passé pour justifier un tel report. ‘Nous sommes extrêmement surpris. Ce n’est pas à trois ou quatre jours de la date fatidique qu’on devrait savoir que la Ceni, qui est l’organe chargé d’organiser ces élections, n’est pas prête. Il faut qu’elle dise pourquoi y a-t-il eu des obstacles ou des obstructions’, a déclaré sur les ondes de Rfi, Mamadou Bah Baadiko, porte-parole de l’alliance ‘les Bâtisseurs de la Guinée nouvelle’.

Il soupçonne certaines forces tapies dans l’ombre de vouloir prolonger indéfiniment la transition en empêchant la tenue rapide du second tour. ‘Tout est bloqué et suspendu donc à ces élections, personne ici n’a envie qu’on entre dans le tunnel ivoirien, de report en report, sans que ce ne soit la faute à personne’, a-t-il conclu visiblement agacé par cette impasse politique dans laquelle la Guinée est aujourd’hui plongée.

En revanche, l’annonce de ce nouveau report du scrutin présidentiel a été accueillie avec soulagement dans le camp d’Alpha Condé. L’alliance ‘arc-en-ciel’, qui soutient la candidature du président du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg), se réjouit plutôt de cette décision. ‘Nous pensons que ces deux semaines (supplémentaires : Ndlr) vont nous permettre d’avancer vers un scrutin plus transparent, plus équitable que celui du premier tour. On demande aux électeurs, aux compétiteurs, aux partis qui les soutiennent d’attendre encore deux semaines. Cela est difficile pour les nerfs, au niveau de l’organisation, mais je crois que le peuple de Guinée peut relever le défi’, a déclaré de son côté à nos confrères de ‘la radio mondiale’, Kiridi Bangoura, directeur adjoint de campagne du Pr Condé.

Le président guinéen, qui a accueilli la nouvelle avec un certain scepticisme, estime pour sa part que l’heure est grave. Le général Sékouba Konaté, qui dit avoir pris acte de la décision de la Ceni, semble en fait impuissant face aux périls qui menacent l’unité de son pays. Il appelle, de nouveau, le médiateur burkinabé à la rescousse. ‘Je constate avec grand regret que malgré notre effort de patience et les assurances qui m’ont été données, nous allons vers une impasse. J’estime que l’espoir a été déçu. La situation nouvelle interpelle tous les acteurs de la transition qui doivent se retrouver sans délai, autour du médiateur pour tirer toutes les conséquences du report, qui à mon avis, impose des leçons à tirer de la part de tous’, avait déclaré, mercredi, sur les ondes de la Radio télévision d’Etat (Rtg), suite à la demande de report de la date du second tour, formulée par la Ceni.

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