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Publié par bouba

 

 

Les rumeurs sur la présence aux Pays-Bas de hauts fonctionnaires en provenance de Conakry, facilitant le rapatriement des sans-papiers d'origine guinéenne ont courues depuis le début de cette année dans les milieux guinéens. L'on a reçu hier samedi 6 octobre la confirmation que cinq délégations guinéennes ont effectivement séjourné aux Pays-Bas pendant les dix derniers mois de 2012.

Leur objectif était d'identifier les sans-papiers guinéens, délivrer des laissez-passer pour permettre leur rapatriement vers la Guinée. Au total, 40 guinéens ont été présentés à cette fameuse délégation spéciale qui a été baptisé «taskforce» par les autorités de l'immigration néerlandaises. La pratique a été démasquée hier par un reportage de la chaîne publique néerlandaise NOS sur une jeune femme guinéenne, mère de 2 enfants âgés de 7 et 9 ans, tous deux nés sur le sol néerlandais. 

Adama Cissé vit depuis 11 aux Pays-Bas. Sa demande d'asile étant refusée, le service Immigration et Naturalisation néerlandais a essayé d'obtenir des laissez-passer pour Adama Cissé et ses enfants à l'ambassade de Guinée à Bruxelles et à Berlin, sans succès. Les ambassadeurs guinéens ont émis deux raisons justifiant leur refus de délivrer à cette femme et ses enfants des documents de voyage. Pour eux, les enfants de Adama Cissé ne sont pas nés sur le sol guinéen. En plus, le papa de l'un de ces enfants est d'origine léonaise. Pour ces deux raisons, les enfants n'ont pas droit aux documents de voyage guinéens.

Cette action ayant échoué, les services de l'immigration néerlandaise sont parvenus à mettre en place un système les permettant d'expulser en toute tranquillité les sans-papiers guinéens. Ils ont réussi à entrer en contact avec des cadres guinéens véreux, l'on ne sait par quel moyen. Par le biais d'une douteuse pratique, ils ont pu obtenir avec facilité plusieurs laissez-passer dont ceux d'Adama et ses enfants. 

Une fois ces précieux papiers obtenus, cette petite famille a été mise dans l'avion à destination de Conakry, accompagnés par un policier néerlandais. À leur arrivée à Conakry, le policier guinéen en service à l'aéroport a minutieusement examiné les documents de voyage de cette femme et les deux enfants innocents. Sa réaction fut sans équivoque. «Il a bien regardé les papiers, a dit le policier qui accompagnait la famille. Finalement, il a conclu que ces documents n'ont pas été délivrés par une ambassade ou un consulat guinéen.» Du coup les papiers étant considéré comme faux et sans valeur, le policier était dans l'obligation de retourner aux Pays-Bas avec la femme et ses deux enfants. Pour l'instant, ils vivent dans un centre d’accueil dans une ville au nord des Pays-Bas en attendant une nouvelle tentative d’expulsion vers la Guinée. 

Dans un premier temps, il a été dit que les membres de cette délégation guinéenne ont perçu entre 3000 et 4000 euro pour un laissez-passer. Le service Immigration et Naturalisation a fermement contesté ces sommes. Par ailleurs, Frank Wassenaar, un porte-parole du ministère de l’Intérieur néerlandais a confirmé que le service Retour et Départ a déboursé 500 euro pour chaque enquête administrative par individu, plus 50 euro au cas où les traces d'une personne sont retrouvées dans les registres administratifs guinéens. Il a aussi reconnu que ces sinistres cadres étaient entièrement pris en charge. 

Au moment où plusieurs sans-papiers guinéens vivaient dans l'angoisse quand ils ont appris la présence des ces hauts fonctionnaires aux Pays-Bas, le porte parole de la communauté guinéenne, Alpha Diallo avait expédié une lettre à l'ambassadeur de Guinée à Bruxelles pour demander des éclaircissements sur cette affaire. L'ambassadeur avait laissé entendre qu'il était aussi au courant de ces rumeurs. En même temps, il avait demandé au ministère de la Justice néerlandaise d’enquêter sur cette pratiqué éhontée qui viole toutes les règles requise en matière d'expulsion d'une personne en situation irrégulière

L'avocat d'Adama Cissé, Van Haren veut quand à lui que le Ministère Publique mène des enquêtes pour voir si les services d'immigration ne sont pas coupables de corruption et de trafic illégal de personnes. Le Ministère Public a laissé entendre qu'elle n'engagera une telle action que sur une décision royale ou sur une instruction du parlement néerlandais.

 

lexpressguinee

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