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La Guinée nouvelle

Solitude de Dadis à Ouaga : où sont les mouvements de soutien ?

Pour défendre l’indéfendable, des Guinéens avaient formé des associations de soutien au Président Lansana Conté. L’objectif était d’un côté de maintenir l’homme au pouvoir au mépris de la loi mais aussi de se remplir les poches.

Lorsque l’état de santé du président Conté s’était détérioré, ces soutiens ont disparu. Alors que paradoxalement le vieux malade avait plus que jamais besoin de soutiens psychologiques. Ni pendant sa maladie ni après sa disparition, le président et les siens n’ont été soutenus par ceux qui ne juraient que par ce soutien.

Le général tire sa révérence dans la solitude au camp Samory. Les mouvements de soutien brillent par leur absence à toutes les cérémonies. Une belle leçon pour son successeur. Lequel, à sa prise du pouvoir, dénonce toutes les dérives démagogiques dont les thuriféraires se sont rendus coupables sous le règne de Conté. En même temps il s’engage à bannir ces pratiques au palais.

Avec le recul, les Dr ES démagogique réussiront sans difficulté aucune à convaincre le nouvel homme fort de la Guinée de sa mission quasi prophétique. Comme ils l’ont fait avec le général, ils feront croire au capitaine qu’il devait faire un choix difficile : sauver le peuple en s’accrochant au pouvoir ou quitter ce pouvoir avec des graves conséquences pour son pays. Crédulité, naïveté et cupidité feront le reste. Les promesses faites au départ seront purement et simplement ignorées.

La suite on la connaît. La remise en cause des engagements déchaîne les passions. Dans la foulée, il y a eu le 28 septembre. Cette dernière date accouchera celle du 3 décembre. Ainsi, le cercle vicieux engagement non tenu, massacres et témoignages devant les enquêteurs onusiens aboutissent à la tentative d’assassinat du 3 décembre 2009. Laquelle tentative a mis le capitaine hors jeu. Hospitalisation à Rabat, convalescence à Ouaga et relance de la transition à Conakry.

Pour une personnalité publique il n’y a pas pire prison que l’isolement. Si celui qui menait une vie très intensive est brusquement coupé du monde, ce monde devient cauchemardesque pour lui. Isolé dans une villa après sa déposition, le président Bourguiba de Tunisie dérangeait tout le monde. Il était si agité qu’on avait fini par lui couper le téléphone.

Même si le capitaine Dadis n’est pas actuellement dans les mêmes conditions que le président Habib Bourguiba en 1987, les deux situations sont quasi similaires. On pourrait même dire que la situation du capitaine Dadis est plus insupportable. Car si Bourguiba était vieux, lui il est encore jeune.

Du coup, c’est maintenant ou jamais que le président Dadis a besoin de soutien et d’assistance. D’où le devoir sacré pour tous ceux qui, l’année dernière, avaient mis en place des mouvements de soutien au président, d’appuyer sur l’accélérateur pour ce soutien on ne peut plus opportun.

Avec une vie menée à 180 à l’heure en 2009, le capitaine Dadis est à moins de 10 kilomètres à l’heure aujourd’hui. D’où la nécessité de le soutenir moralement et psychologiquement. Car qui a géré dans ce pays même une seule journée n’a point besoin d’assistance matérielle et financière. Mais ça c’est une autre histoire.

Habib Yembering Diallo

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