/>

RTG GUINEE LIVE

Les news en continu


Get Your News Widget

Publié par H.Marie Ouédraogo



15,5 millions d'euros. C'est le montant de l'enveloppe que l'Union européenne vient de débourser en faveur de la Guinée. De quoi mettre du beurre dans les épinards du premier ministre Jean-Marie Doré et de la présidente du Conseil national de transition (CNT), Rabiatou Sérah Diallo. D'autant que cette enveloppe substantielle entre dans le cadre du respect des engagements pris dans la perspective du scrutin présidentiel prévu pour le 27 juin prochain. « Nous avions dit que nous allions organiser les élections, l'officier, c'est la parole, le soldat, c'est la parole, Dieu merci, la confiance est créée maintenant entre le peuple et son armée ».



Une mission sur le point d'être accomplie donc pour le général Sékouba Konaté, président par intérim depuis la tentative d'assassinat du chef de la junte, Moussa Dadis Camara. Ce cadeau, à en croire les émissaires de Bruxelles, les autorités de transition l'ont bien mérité, vu tous les efforts déployés ces derniers mois pour l'organisation des premières élections libres et transparentes de l'histoire guinéenne.



On ne pourrait pas en dire autant de la Côte d'Ivoire voisine, dont le cas a été examiné ce mercredi par le Conseil de sécurité des Nations unies. Comme on pouvait s'y attendre, à cette tribune, le représentant spécial de Ban Ki-moon a exprimé toute la déception que lui inspire le nouveau report de la présidentielle. Pour lui, le processus électoral ivoirien se retrouve dans une impasse politique aiguë. Impossible donc, de l'aveu même du représentant permanent de Côte d'Ivoire à l'ONU, de déterminer « une période sur la date des élections ».



Ainsi, après bientôt huit ans de crise, la Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo n'est pas au bout de son parcours semé d'embûches. Dernière en date, la secousse de la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI).



Comparaison n'est pas raison, car ces deux crises sont très dissemblables aussi bien dans leur durée que dans leurs conséquences. La Guinée, en effet, s'apprête à organiser sa première élection démocratique depuis la mort de l'autocrate Lansana Conté et le coup d'Etat du 23 décembre 2008.



En l'absence du chef de la junte, mis hors jeu par la force de son aide de camp, le jeu politique guinéen se trouve plus que jamais ouvert, d'autant plus que ceux et celles qui sont aujourd'hui aux affaires n'auront pas la possibilité de se présenter aux prochaines élections. Autant dire que la transition prépare un terrain fertile pour l'émergence d'une nouvelle classe politique en Guinée.

Au contraire de la Côte d'Ivoire, dont le processus de sortie de crise patine toujours. Trois ans après l'accord de Ouagadougou, qui était censé régler le problème en quelques mois, on ne voit toujours pas le bout du tunnel. Il faut dire aussi que cette crise-là est très complexe et les enjeux énormes.



Ainsi, au départ de la course vers le fauteuil présidentiel, on a un président en exercice candidat à sa propre succession, au coude-à-coude avec d'autres mastodontes rompus, tous autant qu'ils sont, à la chose politique. Or, comme le dit un proverbe africain, « quand les éléphants se battent, c'est l'herbe qui en pâtit ». Et en Côte d'Ivoire, c'est le processus de sortie de crise qui est foulé aux pieds. Ce n'est pourtant pas une excuse pour se traîner comme des limaces vers le bout du tunnel.

Commenter cet article