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Publié par walfadjiri

 

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Tierno Monénembo était l'invité Des Vendredis de la librairie Clairafrique le 21 mai dernier. Le débat portait sur le thème : 'Le Nom de Sékou Touré : Et après'. Une occasion saisie par l'écrivain guinéen pour déverser sa bile sur le premier président de la République de Guinée, Ahmed Sékou Touré.



Qu'évoque le nom de Sékou Touré pour vous ?

 

 

Qu'avez-vous vécu pour ressentir une telle haine pour le premier président de la Guinée, Sékou Touré ?

 

Le régime de Sékou Touré est-il responsable des problèmes que vit la Guinée actuellement ?

Sékou Touré est le père de Lassana Konté, qui est le père de Dadis Camara. Vous avez vu le massacre du 28 septembre 2009, vous avez vu ce que ces gens ont fait de notre pays, comment voulez-vous qu'on les admire ? La Guinée est maudite à cause de Sékou Touré, mais elle va se réveiller bientôt.

 

Les élections présidentielles vous font-elles espérer à un meilleur avenir ?

Partagez-vous l'avis de certaines personnes qui rendent responsable la France de la situation de la Guinée ?

La France est beaucoup responsable du sort de la Guinée par l'esclavage et la colonisation. Mais nous sommes plus responsables encore que la France. Nous sommes indépendants depuis 1958, c'est à nous de gérer la Guinée, pas la France. Si la France a des affaires importantes en Guinée, c'est parce que nous avons failli à notre responsabilité. Ce qui s'est passé dans mon pays est une tragédie, pas seulement de la Guinée, mais de toute l'Afrique. Il y a deux peuples en Afrique qui ont symbolisé la libération sur le continent, il s'agit de la Guinée et de l'Algérie. Les deux présidents de ces pays qui portaient l'espoir ont pillé le continent.

Quelle appréciation faites-vous sur la situation de l'Afrique après cinquante années d'indépendance ?

C'est la merde, la merde totale !

Qu'est-ce qui explique cet état de fait ?

Tout. Quel est le problème du continent africain ? les indépendances ne posent pas problème. C'est la gestion des indépendances qui pose problème. Nous sommes des bêtes sauvages, des cons, qui sommes-nous ? Avec toutes ces richesses et l'Afrique ne peut pas se développer ?

 

A qui la faute ?

Les intellectuels africains sont responsables de la catastrophe africaine. Ils sont tous des lâches et des démagogues. Ils ont tous soutenu les dictateurs dans tout le continent. C'est comme cela depuis Mobutu, Eyadema, Sékou Touré. On n'applaudit jamais le peuple, on applaudit que les dictateurs. Mêmes les chanteurs africains ne chantent que les dictateurs, ils ne parlent jamais des victimes. C'est triste !

 

Qu'est-ce qui vous a emmené à l'écriture ?

L'exil encore une fois. C'est la douleur, la souffrance qui m'ont poussée à écrire. Lorsque vous souffrez, vous vous posez des questions : Qui êtes-vous ? Quel est-ce monde dans lequel vous-vivez ? C'est cela qui fait la littérature.

 

Avez-vous vécu dans un environnement qui vous prédestinez écrivain ?

Mon père aimait beaucoup lire, il a même écrit des papiers dans un journal suisse. Il m'avait offert une petite bibliothèque quand j'étais petit. C'est lui qui m'a inculqué cet amour du livre.

 

Des auteurs vous ont-ils influencé ?

 

Pour qui écrivez-vous ?

Pour moi d'abord

.

Pour vous seul ?

Pour vous aussi

 

Vous êtes Prix Renaudot 2008 avec votre roman Le Roi de Kahel, qu'est-ce que cette distinction vous a apporté de plus dans votre carrière d'écrivain ?

Rien. Une autre misère.

 

Qu'avez-vous gagné avec cette récompense ?

On parle de moi davantage, mais cela ne change pas grand chose, je reste le même. On ne vit pas de sa plume, on en meurt.

 

Pourquoi vous faites-vous publier aux Editions du Seuil au lieu de la Maison d'édition Présence Africaine ?

J'ai un contrat au Seuil depuis 30 ans, j'y reste. Quand j'ai publié mon premier roman Les Crapauds-brousse (1979), la Maison d'édition Présence africaine m'a dit que si je l'avais proposé le manuscrit, elle ne l'aurait pas édité parce que cela dénonçait les dictatures africaines.

 

Quels sont vos Projets littéraires ?

J'écris sur la vie d'un Peul guinéen, héros de la résistance en France en 1943 et fusillé par les Allemands. Vous lirez la suite à la sortie du roman.

 


REPERES

 

Né le 21 juillet 1947 en Guinée, Tierno Monénembo de son vrai nom Thierno Saïdou Diallo s'est exilé en 1969 au Sénégal. Il part ensuite en Côte d'Ivoire avant de gagner la France en 1973 pour poursuivre ses études. Après avoir présenté sa thèse de doctorat de Biochimie à Lyon en France, il est docteur ès sciences. Il a enseigné au Maroc et en Algérie. Il est l'auteur de plusieurs romans parmi lesquels Les Ecailles du Ciel (1986), Cinéma (1997), Peuls (2004), une pièce de théâtre : La Tribu des gonzesses (2006) interprétée par des comédiennes sénégalaises. Tierno Monénembo a reçu le Prix Renaudot en 2008 pour son roman Le Roi de Kahel publié la même année. Depuis 2007, il est Visiting Professor à Middlebury College, au Vermont (Usa).

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dia 07/01/2015 17:21

Bon courage mon parent dans nos foutoir en Afrique la vérité est un tabou sans fin l'orque nous voulons dénoncé il nous faut être en exil forcé d'ailleurs avec cette distance nous pouvons mieux voir tout ce qui se passe au pays avec une démocratie morose étouffée par ces dictateurs assoiffés du povoir