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La Guinée nouvelle

Trois nouveaux morts dans des violences post-électorales près de Conakry

voir_le_zoom : La police poursuit des partisans du candidat Cellou Dalein Diallo le 15 novembre 2010 à Conakry.

 

Trois personnes ont été tuées mercredi matin dans des violences post-électorales à Ratoma, banlieue de Conakry en majorité peuplée de Peuls favorables à Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux à la présidentielle en Guinée, a-t-on appris de sources médicales. Les violences post-électorales ont fait au moins sept morts depuis lundi, dont trois tués par les forces de l'ordre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de différentes sources, les autorités n'ayant pas évoqué de décès.

Le Premier ministre de la transition en Guinée, Jean-Marie Doré, a présenté mardi soir comme des "loubards" les partisans du candidat à la présidentielle Cellou Dalein Diallo qui ont protesté, parfois violemment, contre l'annonce de la victoire d'Alpha Condé. Au journal télévisé de la chaîne nationale, le chef du gouvernement a déclaré : "Depuis quelques jours, des loubards (...) se sont livrés à des actes de vandalisme en s'attaquant à des citoyens innocents et à leurs biens", "sous prétexte" que les résultats provisoires de la présidentielle étaient publiés. Évoquant "des actes inadmissibles", Jean-Marie Doré a cité des noms de fiefs électoraux de Diallo : Ratoma (seule commune de Conakry où Condé n'était pas en tête), Labé, Pita et Dalaba, trois villes de Moyenne-Guinée (centre), une région à majorité peule, l'ethnie de Cellou Dalein Diallo, alors qu'Alpha Condé est malinké. 

Tirs à l'arme automatique

"Les mêmes loubards munis de sabres et de fusils de fabrication locale s'attaquent aux véhicules de transport en commun et pillent les passagers sur les axes routiers de Mamou (Moyenne-Guinée)-Dabola (Haute-Guinée), Mamou-Linsan (Basse-Guinée) et Mamou-Faranah (Haute-Guinée)", a affirmé le Premier ministre. Il a affirmé qu'à Pita, "les fonctionnaires non originaires de la région étaient obligés de se réfugier à la gendarmerie pour se protéger" et a relevé de ses fonctions, "pour faiblesse", le préfet de Pita. Le colonel Mamadou Mark Diallo (d'ethnie peule) a été remplacé par le lieutenant-colonel Mamadou Bah Soumah (d'ethnie soussou), qui commandait la gendarmerie dans la ville. Jean-Marie Doré a également annoncé qu'un couvre-feu était désormais imposé dans la région de Labé, de 17 heures à 6 heures.

La Commission électorale avait annoncé lundi soir les résultats provisoires complets du second tour de la présidentielle du 7 novembre, donnant la victoire à l'opposant historique Alpha Condé (52,5 %) devant l'ancien Premier ministre (2004-2006) Cellou Dalein Diallo (47,5 %). Peu après cette annonce, Cellou Dalein Diallo avait lancé "un appel pressant" à ses électeurs pour qu'ils "évitent les violences de toute nature", en attendant que ses "réclamations" pour "fraudes" soient examinées par la Cour suprême. Mais, mardi, Diallo a accusé les forces de l'ordre d'"assassinats" et de "brutalité sauvage" à l'encontre de ses partisans et des membres de son ethnie peule. "Je sais ne pas pouvoir compter sur le Premier ministre et le ministre de la Sécurité qui sont derrière cette répression", a-t-il affirmé avant de rencontrer le président de la transition, le général Sékouba Konaté, mardi après-midi.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des tirs à l'arme automatique ont encore été entendus jusqu'au petit matin dans la commune de Ratoma (Conakry). Joints par téléphone, des habitants de Pita et Dalaba, ainsi que des journalistes sur place, ont par ailleurs accusé des agents des forces de l'ordre d'avoir maltraité des habitants et pillé, dans la nuit de mardi à mercredi, des magasins, dans ces deux villes.

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