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Violences en Guinée: Après N'zérékoré, c'est au tour de Siguiri

La sous-préfecture de Siguirin dans la préfecture de Siguiri est depuis avant-hier mercredi 10 février 2010, le théâtre de violents affrontements entre les populations locales et les hommes en uniforme, selon un des responsables de la jeunesse de Suiguiri Adama Cissé que nous avons joint ce matin (vendredi 12 février) au téléphone pour nous donner les raisons de ces affrontements. Suivez ses explications.


Selon lui, tout a commencé lorsque le sous-préfet de Siguirinin le commandant Cécé 2 Koïvogui qui avait été révoqué de ses fonctions par le gouverneur de la région de Kankan le colonel Antoine Kankoudouno est revenu de Conakry le mercredi dernier en compagnie d’un contingent militaire pour reprendre sa place par force.


« Cet affrontement entre populations de Siguirin et hommes en uniforme a commencé avant-hier (mercredi 10 février) quand le sous-préfet ‘’destitué’’ est revenu soudainement de Conakry pour reprendre contre le gré des populations, sa place. Alors qu’il a été renvoyé par le gouverneur de Kankan après que, ce dernier ait constaté que les populations de Siguirinin sont persécutées par les autorités militaires dans cette localité de Léro. Ce qui a irrité les populations, c’est le fait qu’il soit venu avec des militaires et dire qu’il a été confirmé par le capitaine Jean Claude Pivi… Les jeunes en premier, se sont vivement opposés à son retour et après le reste de la population. Et, les affrontements ont continué », nous explique-il.


Inté.rrogé sur l’origine du conflit, Adama indique que l’hostilité des populations de Siguirinin à leur sous-préfet remonte lorsqu’un certain Moussa Keïta (différent du ministre Secrétaire permanent du CNDD le colonel Moussa Keïta), président de la fédération sportive militaire avait donné l’ordre prendre le terrain destiné à la construction de la maison de jeunes pour donner à ‘’un libanais’’ qui se trouve lui à Conakry.


« Lorsque le commandant Cécé 2 Koïvogui a été muté à Siguirinin à la prise du pouvoir par le CNDD, il avait dissous à sa guise le conseil du district de Siguirinin. Et c’est là que le torchon a commencé à brûler entre les populations locales et leur sous-préfet. Ensuite, il y a le comportement affairiste d’un certain Moussa Keïta qui est président de la fédération sportive militaire qui avait demandé par l’entremise du sous-préfet Cécé 2 Koïvogui de retirer le terrain qui devait abriter la maison de jeunes de Siguirinin des mains de la jeunesse pour donner à un libanais qui lui a construit une maison et lui a acheté une voiture. Ce libanais a des affaires à Siguirinin… Ce Moussa Keïta qui est différent de l’autre Moussa Keïta que tout le monde connaît, est natif de Suiguiri. C’est lui qui a envoyé des militaires qui campent à Siguirinin depuis des mois. A la tête desquels, se trouve un certain Mara… »,
poursuit le responsable de la jeunesse.


Revenant sur les circonstances des affrontements d’avant-hier qui auraient fait de nombreux blessés dont un cas très grave selon M. Cissé, ce natif de Siguiri affirme que, vu que la situation s’aggravait, le gouverneur de Kankan qui était venu demandé pardon aux populations a dépêché séance tenante le secrétaire général administratif de Siguiri Néné vieux Camara pour aller demander au sous-préfet de prendre ses affaires et s’en aller en lieu et place d’Amadou Camara.


« C’est là que la situation a dégénéré. Quand la délégation locale est arrivée contraindre le sous-préfet à prendre ses affaires et de quitter les lieux pour réinstaller Amadou Guissé qui avait été destitué par le même sous-préfet à sa prise de fonctions, les militaires se sont mis à bastonner les gens jusqu’à blessés beaucoup d’entre elles dont un cas extrêmement grave. Ils ont battu le secrétaire général administratif Néné Vieux Camara jusqu’à le blessé très sérieusement… Il est actuellement entre la vie et la mort au moment où je vous parle. Et la sous-préfecture de Siguirinin est sous couvre-feu depuis 15 h avant-hier. Jusqu’à présent cela continue. C’est Pivi et Moussa Keïta de la fédération sportive militaire qui sont à la base de cette barbarie. Ils avaient menacé le gouverneur de Kankan le colonel de la gendarmerie Antoine Kankoudouno lorsque ce dernier avait demandé le sous-préfet de respecter la volonté des populations. Contrairement à Pivi et Moussa Keïta qui veulent donner une étiquette ethnique à la chose, le gouverneur de Kankan est un homme très bien. Il faut qu’on sache que les populations ne s’opposent pas au sous-préfet Koïvogui parce qu’il est forestier loin de là… C’est faux. Nous sommes tous des Guinéens. Siguiri a toujours accueilli des Guinéens venus d’autres régions de la Guinée », conclut-il.

A suivre...
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