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Publié par bouba

Deux Sénégalais et 28 Guinéens ont été expulsés sous escorte par avion militaire vers Dakar et Conakry. Les ONG qui dénoncent « les risques d’excisions, de mariages forcés de mauvais traitement au bout du voyage ».

Vingt-huit guinéens et deux sénégalais ont été expulsés ce mercredi matin. Un avion militaire Bruxelles-Dakar via Conakry avait été affecté par la Défense. Ce vol « spécial » s’est déroulé « sans encombres », affirme l’Office des étrangers (OE) en charge de celui-ci.

Tous les passagers étaient des demandeurs d’asile déboutés. «  Il n’y avait ni familles ni enfants à bord »insiste l’Office. Tous avaient reçu un ordre de quitter le territoire. Ce rapatriement collectif était programmé de longue date.

Voici quelques semaines, le directeur de l’Office, Freddy Roosemont, s’était rendu personnellement en Guinée pour préparer cette mission. « Nous assistons depuis quelques mois à un pic des demandes d’asile en provenance de ce pays. Il s’agissait de lancer un message d’information et de dissuasion sur place », dit-on à l’OE. Très régulièrement, la Belgique organise des vols collectifs sous escorte. « Une ou deux fois par mois, en fonction des besoins. Vers le Congo, l’Albanie, les Balkans… »

Ceux-ci s’inscrivent dans le cadre de la politique d’asile plus restrictive et répressive voulue par le gouvernement Di Rupo et gérée par la secrétaire d’Etat, Maggie De Bock (Open VLD).

Les ONG inquiètes

Cette expulsion de 28 guinéens inquiètent les ONG qui dénoncent «  les risques d’excisions, de mariages forcés de mauvais traitement au bout du voyage ». Par ailleurs, pour le collectif contre les expulsions (Cracpe), la situation politique en Guinée est «  instable » et les conflits ethniques sont légion.

Depuis une semaine, une dizaine de ces ressortissants avaient entrepris une grève de la faim au centre 127 bis. «  Tous ont été vu par un médecin avant le départ et tout était en ordre » rétorque-t-on à l’Office.

Par ailleurs, Le Soir a appris qu’un recours en extrême urgence avait été déposé devant la Cour européenne des droits de l’homme concernant le cas d’une femme victime de mutilation génitale féminines en Guinée.

Elle a obtenu gain de cause mardi soir et n’a donc pas été expulsée. La Cour estimant que certains éléments n’avaient pas été pris en compte dans son dossier et que l’expulser c’était l’exposer à « un risque de traitement inhumain et dégradant ».

Pour l’Asbl Intact, le risque de violences faites aux femmes en Guinée (excision, mariage forcé) est réel. Et celui-ci est sous-estimé par les autorités belges. « Un rapport scientifique de 2005 montre que la prévélance de de mutilation génitale féminine est de 95 % et ces femmes ne bénéficient d’aucune protection », dénonce l’Asbl. Laquelle rappelle l’ensemble des textes internationaux en vigueur (conseil de l’Europe, Nations Unies) et la responsabilité de la Belgique en terme d’asile.

 

lesoir.be

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