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VOTE DES GUINEENS DE L’ETRANGER: l’autre défi de Sékouba

En visite officielle au Mali, le président de la transition guinéenne, le général Sékouba Konaté, a déclaré, le 26 février dernier, être favorable à la participation des Guinéens de l’étranger à la prochaine présidentielle, si cela est techniquement possible. Venant d’un homme qui s’est jusque-là illustré par des propos à la fois sincères et rassurants, une telle promesse du reste bien modérée, n’a absolument rien de populiste ni de démagogique.



En effet, elle n’est que la réponse à une doléance commune à presque toutes les communautés vivant hors de leurs pays d’origine. De plus, l’intérimaire de Dadis Camara n’a aucun traître profit personnel à tirer de flagorneries adressées à un quelconque électorat, car il n’est pas censé se porter candidat au scrutin. Bien au contraire, s’il arrivait à exhaucer ce voeu cher à ses concitoyens de l’extérieur, le refrain encensant son esprit patriotique déjà entonné à l’intérieur du pays serait sans nul doute repris en choeur par les Guinéens expatriés et leurs sympathisants.



L’actuel homme fort de Conakry n’a donc pas grand-chose à perdre ou à gagner en termes de glorioles que confère une conservation égoïste du pouvoir, et il est fort à parier que son noble projet aboutisse. Et le cas échéant, les dirigeants guinéens auraient rabattu le caquet à ceux de certains Etats africains qui, malgré la stabilité politique de leurs régimes, ne sont pas encore arrivés à faire voter leurs compatriotes de l’étranger pourtant en nombre considérable et qui participent énormément au développement économique de leurs nations. Ils démontreraient par le même coup que le vote des expatriés est surtout une question de volonté politique, mais pas seulement de moyens ou de contexte.



Au cas où les Guinéens de l’étranger ne parviendraient pas à participer au choix de leur président prévu pour juin prochain, ou au cas où l’opération connaîtrait quelque irrégularité, le futur président démocratiquement élu pourrait s’en inspirer pour rectifier le tir aux prochaines consultations. Sans oublier que des raisons valables pour se limiter au vote des Guinéens de l’intérieur, le général président n’en manque pas. En plus du délai trop juste dont il dispose pour l’organisation du scrutin, s’ajoute l’imperfection du recensement des Guinéens vivant à l’étranger dont le nombre de 4 à 5 millions, soit un Guinéen sur trois, n’est qu’approximatif.



Le plus urgent est la tenue de l’élection elle-même dans de bonnes conditions, qu’elle prenne en compte ou non la diaspora, dont le recensement interrompu par les douloureux événements du 28 septembre, pourrait se poursuivre en vue des prochaines échéances.



Le vote des Guinéens de l’étranger est d’ailleurs loin d’être la seule raison du déplacement malien du général Konaté, qui, en plus d’être allé s’inspirer de l’expérience d’un autre général qui n’a plus à prouver son patriotisme, est en train de remettre son pays sur les rails du développement. En effet, la délégation présidentielle guinéenne, pendant son séjour malien de quatre jours, a beaucoup plus parlé du renforcement de la coopération entre les deux pays.



Preuve qu’il y a toujours une priorité parmi plusieurs autres. Et même si au stade actuel du processus électoral, le vote de la diaspora n’est pas encore tout à fait sûr pour la présidentielle de juin, il n’en demeure pas moins que, si Sékouba le réalisait, il aurait relevé un autre défi après le pari de la transition qu’il a promis de réussir.


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