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L'iPad est ce qui se fait de mieux pour naviguer sur Internet, a promis Steve Jobs.Vendue à partir de 499 dollars, la tablette tactile d'Apple attaque de front les mini-PC portables, très appréciés.

Steve Jobs avait assuré l'an dernier qu'il ne voyait pas comment concevoir un ordinateur portable à 500 dollars qui ne soit pas «pourri». Mercredi soir, le patron d'Apple a présenté ce que l'informatique peut, selon lui, créer de meilleur à ce prix-là : une tablette tactile conçue pour naviguer sur Internet, relever ses courriels, regarder des photos, des vidéos et écouter de la musique. «S'il existe une troisième catégorie entre le smartphone et l'ordinateur portable, ce produit doit être le plus performant dans ce type d'utilisation. Sinon, il n'aura aucune raison d'être», a-t-il expliqué.

Pourtant, entre les smartphones et les ordinateurs portables, une catégorie intermédiaire existait déjà. Il s'agit des netbooks, ces «ordinateurs Internet» qui rencontrent un vrai succès. Tout a commencé fin 2007 avec l'Eee PC, un mini-PC portable très léger, doté d'un écran de 7 pouces. A sa suite, des dizaines d'autres modèles sont apparus, soutenant la croissance du marché de l'informatique en période de crise. Fin 2009, un ordinateur portable sur dix vendu dans le monde était un netbook, selon DisplaySearch. En France, il s'en est vendu 1,1 million, selon les chiffres de GfK, soit une hausse de 120% en un an.

 

Des choix drastiques

 

Pressé d'apporter une réponse, Apple a résisté à cette mode des netbooks*. «Ils sont lents, ont des écrans de mauvaise qualité et tournent avec de vieux systèmes d'exploitation de PC mal adaptés», a jugé sévèrement Steve Jobs. Au lieu de miniaturiser ses ordinateurs portables, il a préféré partir des smartphones pour aller chasser sur les terres des mini-PC. Ainsi, l'iPad ressemble davantage à un iPhone que l'on aurait agrandi pour atteindre la taille d'un netbook. Il embarque un écran de 9,7 pouces, mesure 24 centrimètres de haut pour 19 de large, et pèse 680 grammes. Il profite aussi d'une autonomie théorique de dix heures.

Les choix d'Apple sont cependant drastiques. La connectique est réduite au strict minimum. Sur la tablette tactile, on ne trouve nulle trace d'USB, de sortie vidéo HDMI et de webcam, devenus des standards sur les netbooks (on peut tout de même lui adjoindre un vrai clavier externe). Puisque l'iPad reprend le système de l'iPhone, est impossible de lancer plusieurs applications en même temps, ce qui empêche par exemple de surveiller son compte Facebook tout en navigant sur Internet. En outre, les animations en Flash, notamment sur les sites de streaming, sont illisibles. Un vrai handicap pour une tablette Internet, quand la vidéo est devenue une des principales activités en ligne.

 

L'arrivée de Google

 

Peu importe, selon Steve Jobs. Face aux netbooks, il soutient que l'iPad est «ce qui se fait de mieux pour naviguer sur Internet». Pour se différencier, Apple mise moins sur la technique que sur la simplicité d'accès aux contenus. La tablette accède dès à présent aux 140.000 applications conçues pour iPhone. Elle sait télécharger directement des films, des séries et de la musique sur iTunes. Grâce à la nouvelle librairie en ligne iBooks, elle peut aussi récupérer des livres électroniques. Tout cela, à un prix d'appel pas très éloigné des netbooks : 499 dollars pour l'iPad WiFi de 16 Go, ou 679 dollars avec de la 3G.

Au lendemain de cette annonce, les analystes jugent qu'Apple pourrait vendre de 1 à 5 millions de tablettes dans le monde en 2010. C'est encore loin des 33 millions de netbooks écoulés l'an dernier, selon DisplaySearch. Mais «ceux qui s'intéressaient aux netbooks regarderont aussi très sérieusement l'iPad», juge Charles Smulders, analyste chez Gartner. Les observateurs s'attendent maintenant à l'arrivée d'«iPad-killers», c'est-à-dire d'appareils réellement pensés dès l'origine pour la navigation sur Internet, qu'ils prennent la forme de netbooks ou de tablettes. Le candidat le plus sérieux sera à chercher du côté de Google, qui prépare la sortie de Chrome OS, un système d'exploitation pour netbooks.

*Le MacBook Air, l'ordinateur portable le plus léger et le plus fin d'Apple, n'entre pas dans la catégorie des netbooks. Avec un prix de 1400 euros, un écran de 13 pouces, il est plus proche des ordinateurs portables traditionnels.