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Chers compatriotes, voici l’interview que nous avons réalisée avec Toumba Diakité, le tombeur de Moussa Dadis Camara. De son côté, la qualité du son n’est pas très bonne. C’est pourquoi, nous avons été obligés de demander des précisions en réécoutant l’enregistrement pour les mettre entre parenthèses. Cela doit faciliter la compréhension de certains passages.

Nous rappelons que nous avions dénoncé des arrestations arbitraires et mauvais traitements sur la famille de Toumba, notamment sur son père Mamady Diakité, son frère Sékouna Diakité et son chauffeur Harouna Bangoura qui n’avaient pas à répondre des actes de Toumba. Même son enfant de 10 ans était recherché par les bérets rouges jusqu’à l’intérieur du pays. Aujourd’hui tous ceux qui avaient été arrêtés ont été libérés.
Vous aurez la version audio de l’interview après la version texte. Bonne lecture !

INTERVIEW

Sadio Barry :
Bonjour Monsieur Toumba Diakité !

Toumba Diakité:
Bonjour Monsieur Barry !

Sadio Barry:
Eh, je ne sais pas, votre voix est très faible. Si vous pouvez un peu élever le ton ça serait bien. Est-ce que vous pouvez vous présenter d’abord à nos lecteurs s’il vous plaît (s.v.p) ?

Toumba Diakité:
Oui. C’est Monsieur Aboubacar Diakité dit Toumba, aide de camp du Capitaine Dadis, à l’appareil.

Sadio Barry:
SVP., tout récemment, dans votre interview avec RFI, vous avez demandé à ce que le général Sekouba vous gracie. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu pourquoi, parce que celui qui demande d’être gracié reconnaît qu’il a commis une faute ?

Toumba Diakité:
Non. Effectivement je voudrais que les gens cessent de dire que Monsieur Toumba a reconnu les actes qui se sont passés au stade du 28 septembre. Au contraire, j’ai bien répondu sur les ondes de RFI que ma présence c’était sur ordre, mais par rapport aux actes c’est différent. J’aimerais que les gens se posent des questions pourquoi Monsieur Toumba s’est permis de fuir avec des leaders et pourquoi dès les premières heures ces leaders ont reconnu que c’est grâce à lui (qu’ils ont été sauvés). Je reviens un peu sur ça parce que c’était une planification et la situation était bien planifiée par Monsieur Dadis car il avait assemblé sa famille, je veux parler du Ministre chargé de la sécurité présidentielle Coplan (Claude Pivi) qui a fait infiltrer ses hommes au sein de la population au stade du 28 septembre et le Commandant adjoint de la garde présidentielle qui est le neveu direct du Président, je veux parler du Cap. Dadis, le Lieutenant Marcel Guilavogui,  qui ont reçu l’ordre d’aller massacrer les leaders politiques et les Peuhls (Parce que c’est eux qui représentaient une menace pour le maintien du CNDD au pouvoir). Et donc, ils ont voulu appliquer à la lettre les ordres reçus et vous pouvez être d’accord avec moi : les Peuhls sont mes oncles (maternels). Et donc je me suis opposé à leur volonté et à leur idée et, arrivé sur le terrain, les actes du Commandant adjoint de la garde présidentielle le Lieutenant Marcel Guilavogui ont indigné tout le monde. Ce qui m’a motivé  moi de vite sauver les leaders politiques, de les conduire à l’hôpital, blessés par des actes du Lieutenant Marcel Guilavogui et du groupe (envoyé par Claude Pivi). Donc je ne pouvais accepter voir massacrer les leaders, ce qui allait entraîner un désordre total. Donc moi je n’ai fait que sauver la paix en sauvant les leaders politiques. Ils en ont témoigné et ils ont une idée parfaite sur les exactions du Lieutenant Marcel Guilavogui qui est le Commandant adjoint de la garde présidentielle et qui est le neveu direct du Président de la république, y compris des hommes infiltrés du ministre chargé de la sécurité présidentielle Claude Pivi. Donc c’est un massacre bien préparé.

Sadio Barry:
Vous dites, si j’ai bien entendu, qu’il y a eu une préparation, qu’il a été question de massacrer les leaders politiques et de s’en prendre aux Peuls, de tuer les Peuls. Est-ce que j’ai bien entendu ?

Toumba Diakité:
Effectivement, ce que vous avez entendu, c’est ça. Moi je ne pouvais pas accepter ça. Depuis que je me suis opposé à leur volonté et à leur idée, je suis devenu une cible et donc en oubliant qu’on a juré …

Sadio Barry:
Alors merci pour ces précisions !

Toumba Diakité:
Les leaders ont témoigné. Il faut que les gens se posent des questions pourquoi j’ai sauvé les leaders et pourquoi c’était trop (le nombre de victimes) ? Pas étonnant, parce qu’en Afrique quand on appartient à la famille au pouvoir, ça démontre votre détermination et votre volonté (de défendre son parent).  Donc il a rassemblé ses hommes et sa famille pour leur dicter des ordres. Eux ils sont passés à l’application de ces ordres.

Sadio Barry:
Donc ses amis, ses parents, vous dites qu’il les a rassemblés et vous citez Pivi. Dans quel cadre, dans quel sens vous pensez que Pivi est parent à Dadis ?

Toumba Diakité:
Ah mais ça c’est direct, il n’y a même pas de problème : l’appartenance régionale, c'est-à-dire la provenance régionale et ethnique. Et ce qui démontre leur détermination parce que j’ai dit dès mes premières interviews qu’ils ont fait précéder 500 civils (armés), et ça ce sont des hommes de Pivi  qui ont été infiltrés au sein du public et auxquels s’ajoute la troupe du Lieutenant Marcel Guilavogui et que même les leaders peuvent en témoigner.  Parce que quand j’ai même … Voilà la réalité, quand j’ai fui avec les leaders politiques pour les conduire à l’Hôpital, il n’a pas hésité encore de prendre la troupe pour nous poursuivre jusqu’à l’hôpital et à sortir des grenades en disant qu’il est prêt à faire exploser au cas où je ferais descendre les leaders politiques (pour des soins).

Sadio Barry:
Et qui a fait ça?

Toumba Diakité :
Le Lieutenant Marcel Guilavogui qui est le Commandant adjoint de la garde présidentielle.
J’étais obligé de conduire encore les leaders ailleurs, de fuir avec eux. Eux-mêmes ils m’ont dit que vraiment si c’est comme ça on ne peut pas s’en sortir, il va nous tuer tous.

Sadio Barry:
Excusez- moi, une question : est-ce que vous connaissez qui et qui dans le CNDD a été au courant de l’organisation de cette répression le 28 septembre 2009 ?

Toumba Diakité:
Bien sûr !

Sadio Barry:
Qui et qui s’il vous plait ?

Toumba Diakité:
Il y a le Ministre chargé de la sécurité présidentielle le Comandant Claude Pivi. Il y a Lieutenant Marcel Guilavogui qui est le Commandant adjoint de la garde présidentielle. Il y a le Commandant Gono Sangaré qui est l’intendant particulier de Dadis. Il y a Joseph Makombo le Capitaine qui est chef d’opération…

Sadio Barry :
Oui, celui qui est décédé ?

Toumba Diakité :
Ah, je ne sais pas s’il est décédé parce que ça ne s’est pas passé devant moi. Il y a le Colonel Tiégboro Camara (aussi). 

Sadio Barry :
Est-ce que Moussa Keita n’a pas été du tout mêlé à ça alors qu’il était un des inconditionnels de Dadis ?

Toumba Diakité:
lui je ne l’ai pas remarqué là-bas. Je ne l’ai pas remarqué mais les autres, c'est-à-dire la famille directe (de Dadis). C’est à dire que c’est l’ethnie ou l’appartenance régionale qui les ont motivé parce qu’ils parlent dans leurs langues.
 

Sadio Barry :
Ça veut dire que la planification était régionale et ethnique ?

Toumba Diakité:
Merci ! La planification était régionale et moi je suis devenu une cible depuis que je me suis opposé à leur volonté pour sauver le peuple en m’opposant catégoriquement à ce massacre.

Sadio Barry :
Ok ! Dites-moi maintenant qu’est-ce que vous attendiez en parlant de droit de grâce de la part de Sékouba pour vous ?

Toumba Diakité:
Oui, c’est juste que je demande qu’il rétablisse la vérité. C’est dans ce sens, pour que la justice soit bien rétablie. C’est tout ! Ce n’est pas en reconnaissance des faits que je dis de me gracier. Là c’est différent !

Sadio Barry:
Donc c’est pour avoir la possibilité de comparaître devant le tribunal ?

Toumba Diakité:
Merci beaucoup ! Parce que leur volonté aujourd’hui (c’est d’empêcher cela) parce qu’ils savent que si je comparais la vérité sera là. Parce que n’oubliez pas que depuis les événements, ils ont tué beaucoup de témoins.

Sadio Barry:
C’est vrai !
Est-ce que vous connaissez un peu l’affaire des disparus et des femmes qu’on a prises en otage pour les violer?  Vous avez eu vent de ça ?

Toumba Diakité:
Non, parce que je n’étais pas du tout dans leur organisation là. Ils devaient faire cela à huis clos entre eux et peut être la population civile pourra témoigner de ça.

Sadio Barry:
Ok ! Une dernière question s.v.p ?

A un moment donné, on a dit qu’il y a un petit frère de M. Toumba Diakité qui discutait avec un de ses amis qui avait critiqué le CNDD et que le frère de Toumba a tiré sur ce dernier. Est-ce que cette histoire était vraie ?

Toumba Diakité :
A ma connaissance, non.

Sadio Barry :
Donc ça ne s’est pas passé ?

Toumba Diakité :
A ma connaissance non !

Sadio Barry :
Alors quel est votre dernier mot, s.v.p, au peuple de Guinée et à la communauté internationale ?

Toumba Diakité :
Mon dernier mot, je revient toujours en demandant au peuple de Guinée de soutenir et encourager les actions du général Sekouba Konaté qui a la volonté de sortir le peuple de l’isolement et de la souffrance. Si j'ai demandé de me gracier c'est pour que la justice soit retablie. Donc je demande au peuple de Guinée de soutenir et d’être soudé derrière le général Sekouba Konaté parce qu’il est entrain de le réaliser. Et je pense que les opportunités que le peuple a aujourd’hui se trouvent dans ses mains et dans les mains de son premier ministre. Et je pense que la majeure partie de la population est satisfaite déjà de ce qu’il est entrain de nous manifester.

Sadio Barry :
Ok, alors merci Monsieur Toumba Diakité !

Toumba Diakité:
Merci Monsieur Barry !