Rédigé par Alassane DIAWARA et publié depuis
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Le président de la transition en Guinée, le général Sékouba Konaté, a entamé hier une visite de travail de trois jours à Dakar où il a été accueilli en début de soirée par le président Abdoulaye
Wade. A son arrivée à bord d’un appareil de l’armée sénégalaise, le général guinéen, en civil, a été accueilli par le président Wade, le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye et d’autres membres
du gouvernement. Comme à Bamako en février, l’ex-putschiste guinéen a eu droit à Dakar aux honneurs dus à un chef d’Etat
Les deux dirigeants n’ont fait aucune déclaration aux journalistes présents à l’aéroport.
Sékouba Konaté, homme-clef de la prise du pouvoir par l’armée fin 2008 à Conakry, dirige la Guinée depuis que le chef de la junte, Moussa Dadis Camara, a été victime d’une tentative d’assassinat en
décembre 2009 suivie d’une longue hospitalisation à Rabat et d’une convalescence depuis le 12 janvier dernier à Ouagadougou. C’est de Ouagadougou qu’un accord a été trouvé pour que le général
Sékouba Konaté soit officiellement reconnu comme chef de la transition et que toute la population guinéenne lui apporte son soutien pour un retour à une vie institutionnelle et civile normale. Dès
son retour à Conakry pour, dit-il, « poser des actes » allant dans le sens de l’apaisement, de l’unité de tous les Guinéens, de la refondation de l’Etat et du système politique, il accède a la
demande des « Forces vives », le regroupement des syndicats, des partis politiques et membres de la Société civile en nommant sur leur proposition leur doyen Jean-Marie Doré au poste de Premier
ministre du Gouvernement d’union nationale de transition.
L’Assemblée nationale étant dissoute, conformément aux accords de Ouagadougou, un organe législatif dénommé Conseil national de transition composé de 155 membres parmi lesquels des journalistes,
des magistrats, des avocats des pharmaciens, entre autre, été mis en place sous la présidence de l’influente syndicaliste Rabiatou Sérah Diallo. Elle est assistée par deux vice-présidents issus des
deux grandes confessions religieuses du pays : Mgr Albert David Guillaume Gomez, archevêque de l’église anglicane et El Hadj Mamadou Saliou Sylla, ancien Secrétaire général de la Ligue islamique
nationale.
Promesse a été faite qu’aucun membre du Gouvernement d’union nationale, de la junte, du Conseil national de la transition et des Forces de défense et de sécurité n’aura le droit de se porter
candidat aux échéances électorales qu’il confirme pour le 27 juin. Au plan social, une mesure de haute portée a été prise dans un contexte économique difficile tant au plan intérieur qu’extérieur
avec l’augmentation de moitié des salaires des fonctionnaires.
Pour encourager les reformes, l’Union européenne a décidé de dégeler des fonds d’une vingtaine de millions d’euros. A l’occasion de son séjour a Bamako le mois dernier il avait souligné, lors d’une
rencontre avec ses compatriotes vivant au Mali, que : « de l’intérieur ou de l’extérieur », tous les Guinéens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs, avant de les exhortant à aller s’inscrire et
se « mettre en tête qu’il ne reste que quatre mois pour aller à des élections transparentes et libres".
A Dakar, le Général Sékouba Konaté évoquera sans doutes les questions de coopération avec le président Abdoulaye Wade, mais aussi comme il l’a fait à Bamako, il aura à rencontrer la communauté
guinéenne pour leur expliquer les défis d’une transition institutionnelle et civile à relever au mois de juin.