La Guinée nouvelle
19 Mars 2012
Le Collectif de l’Opposition pour la finalisation de transition et l’ADP a tenu un meeting au stade Bonfi. Cette rencontre de l’opposition guinéenne a enregistré la présence de tous les leaders malgré l’interdiction d’Alpha Condé qui a tenu son meeting la veille. Lorsque les opposants se sont rassemblés, des grenades lacrymogènes ont jeté dans la masse pour disperser les manifestants. La police a fait de nombreux blessés parmi les manifestants. Des militants de l’Opposition ont été arrêtés par la Police. Des manifestants ont également saccagé le siège du parti au pouvoir le RPG. Dans l’après midi, des militants de Sidya Touré ont été arrêtés. L’opposition guinéenne s’est réunie pour dénoncer les pratiques du régime de Condé. Il est aussi reproché au régime en place d’introduire des éléments dans le nouveau fichier géré de manière nébuleuse par une société Sud africaine. Ce deal entre Condé et cette société sud-africaine fait grincer des dents en Guinée. Par ailleurs, la nouvelle CENI serait phagocytée par le parti de Condé. L’ancien candidat à la présidentielle, le financier Fodé Mouhamed Soumah était au cœur de ce combat politique contre le régime de Condé et au service du peuple guinéen qui nourrit un grand espoir en lui.
CONDE, LE NOUVEAU DICTATEUR NE DE L’AFRIQUE DE
L’OUEST
Unie, l’opposition a adressée une lettre à Mamadou Cima Sylla,
Président de la Cour Suprême. « Nous avons l’honneur et
l’obligation de solliciter de votre haute bienveillance, un regard sur la situation sociopolitique de la Guinée depuis l’investiture du nouveau Président de la République, Monsieur Alpha Condé,
le 21 décembre 2010. Nous voudrions attirer votre attention sur les multiples violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales, tout comme la multiplication des actes
d’intimidation, de harcèlement, d’arrestations et de violences de toutes sortes contre les responsables et les militants de l’opposition » ont écrit les opposants du régime de Condé . Dans sa lettre,
l’opposition guinéenne est revenue chronologiquement sur les errements qu’elle juge du régime de Condé.
Depuis février
2011, des répressions brutales et répétitives ont
été administrées à Saoro (Préfecture de Yomou) à des populations rurales exprimant des réclamations contre l’expropriation de leurs terres au profit de la SOGUIPAH. Il y a eu 2 morts, 1 cas de
viol avéré et la destruction de nombreuses cultures,
Le 3 avril
2011, le retour du leader de l’UFDG a entraîné
l’assassinat d’un militant, l’arrestation et le jugement de 72 citoyens, la condamnation et la radiation arbitraire des gendarmes affectés à la protection du Président de l’UFDG par les accords
de Ouaga,
Le 10 mai
2011, la descente d’un groupe de militaires, au
domicile du Président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, en violation de l’article 13 de la Constitution.
Le 19 Juillet
2011, la tentative d’enlèvement de Monsieur BAH
Oury, Vice-président de l’UFDG, au motif qu’il serait l’un des commanditaires de l’attaque perpétrée au domicile privé du Président de la République Alpha Condé.
Le 27 septembre
2011, le Collectif des Partis Politiques pour la
finalisation de la Transition a organisé une manifestation pacifique qui a abouti à l’assassinat de 4 militants de l’opposition par les forces de l’ordre. Plus de 600 personnes avaient été
arrêtées, dont la plupart le lendemain 28 septembre qui était une journée de recueillement et certaines n’appartenant à aucun parti. Finalement 323 personnes ont été jugées, parmi lesquelles
Etienne Soropogui, Vice-président des Nouvelles Forces Démocratiques.
En novembre
2011, la tournée du Président de l’UFDG à
l’intérieur du pays a été émaillée de désagréments tels que des lieux publics interdits de rassemblement, des routes barrées et la vente de carburant refusée.
En janvier
2012, la visite du leader du PEDN en Haute Guinée a
connu les mêmes difficultés avec, en prime, l’utilisation de gaz lacrymogènes ayant occasionné des dizaines de blessés, le saccage et l’extorsion de biens personnels,
Le 8 janvier
2012, la mort du jeune Thierno Sofiane Diallo en
prison dans des conditions non encore élucidées, suite à son arrestation le 29 août 2011,
En janvier
2012, la tournée du Président de l’UFR Sidya Touré
en Basse Guinée a enregistré les mêmes violences et l’obstruction à la liberté de mouvements du leader et de ses militants,
Le 16 janvier
2012, une répression aveugle à Kamsar contre la
jeunesse sortie réclamer la desserte du courant électrique à l’occasion de la Coupe Africaine des Nations. Il en a résulté un mort et plusieurs dizaines de blessés,
Le 26 janvier
2012 Messieurs Bano Sow et Saliou Sow, des
cadres de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) ont été kidnappés, incarcérés et libérés sans motifs,
Le jeudi 2 février
2012, Monsieur Abdoulaye Manet, Président de la
section UFDG de Hamdallaye mosquée, a été arrêté non loin de son domicile, et privé de tout contact avec sa famille et ses avocats.
Samedi 17 mars
2012, l’opposition avait planifié un meeting de
longue date afin d’informer ses militants et sympathisants, sur les tenants et aboutissants de l’échec du dialogue. Un courrier d’information en bonne et due forme a été envoyé aux autorités pour
ce faire. Mais le stade de Bonfi qui devait nous accueillir avait été cerné par les forces de l’ordre dès le matin. L’opposition a alors pris la décision de s’y rendre pour demander à la foule de
se disperser. Il y a eu de nombreuses arrestations avant notre arrivée et une dispersion au gaz lacrymogènes en notre présence.
Selon l’opposition guinéenne, « il y a pléthore d’exemples, mais nous nous limiterons à signaler une implication
directe et agressive des gouverneurs, des préfets et des sous-préfets dans l’implantation du RPG-Arc-en-ciel, et un acharnement farouche contre les militants et les responsables de
l’opposition ». Dans la même correspondance adressée au
Juge de la Cour suprême, il est écrit « que l’espoir
suscité par la dernière élection présidentielle de voir s’implanter un véritable Etat de droit en Guinée s’amenuise de jour en jour ». Les opposants de Condé ont clairement déclaré que
« la fin de la transition passe par l’organisation
d’élections législatives libres, transparentes et crédibles dans un climat apaisé ». « Malheureusement, poursuivent-ils, les actions du gouvernement et de la CENI ne vont pas dans le bon sens et
le respect de nos lois ».
Les 2 points focaux qui ont été occultés par le dialogue
concernaient la recomposition paritaire de la CENI et le fichier (son audit, sa révision et sa cogestion) qui a servi à élire le Président de la République, Alpha Condé. Le dialogue inclusif au
Palais du peuple n’a rien donné et la classe politique est suspendue à la décision du Président de la République qui détient le rapport. La concertation et le consensus politique devaient être
trouvés avant l’élaboration d’un chronogramme réaliste et réalisable. Mais, tout comme la date fantaisiste du 29 décembre 2011, celle du 8 juillet ne repose sur rien de crédible et de rassurant
non plus. La preuve en est que l’audit du fichier qui devait se terminer le 15 mars courant, enregistre déjà plusieurs jours de retard, puisqu’il n’a toujours pas démarré. Les opposants invitent
le Juge de la Cour suprême « de contribuer au respect des
textes constitutionnels ; à défaut d’amener les uns et les autres à savoir raison garder ».
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