La Guinée nouvelle
12 Avril 2012
Vingt quatre heures seulement après la publication par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Louncény Camara de la liste de 4200 opérateurs de saisie pour la révision des listes électorales, des voix se sont élevées pour dénoncer des omissions volontaires.
Une centaine d’opérateurs de saisi soumis au test de recrutement ont pris d’assaut ce
mercredi, le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sis à Cameroun dans la Commune de Dixinn. Avec des slogans hostiles au président de la CENI comme : ‘’Louncény Camara
dégage tu ne fais pas la fierté de la CENI’’.
En effet, c’est à l’issue d’une formation suivie d’un test de recrutement au mois d’août
2011, que ces opérateurs de saisi ont été retenus pour la révision des listes électorales aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays: « Depuis le mois d’août passé on nous a soumis à une
formation qui a été sanctionné par un test donc, ils ont dit avoir retenus 3600 mais, comme c’était un recrutement national, ils disaient qu’ils vont recruter certaines personnes à l’intérieur du
pays pour nous compléter à 4200 opérateurs qui allaient faire le travail. Au mois de septembre, ils nous ont appelés pour signer un contrat et tous les 3600 opérateurs admis ont signé ce contrat
», explique un des manifestants.
Cependant, certains d’entre eux qui avaient eu la moyenne se disent surpris de pas
retrouver leurs noms sur la liste des admis : « Moi, c’est Moussa Traoré je suis un opérateur omis aussi sur la liste des gens qui devraient être mutés. Aujourd’hui, on vient voir la liste des
mutations, on trouve qu’on n’a pas nos noms sur la liste et on se demande comment. Les gens qui n’ont pas retrouvé leurs noms sur la liste peuvent atteindre 1000 personnes. Je ne crois pas que
tout cela soit seulement un oubli ou une omission », lance t-il avant d’ajouter : « Ce que nous souhaitons maintenant, c’est d’avoir des explications parce que tu ne peux dire à quelqu’un de
venir signer un contrat, après avoir signé ce contrat, au moment où il doit travailler il vient et il ne trouve aucun interlocuteur pour l’expliquer. On va se battre pour qu’on soit réhabilité
dans nos droits ».
Un autre agent omis très en colère renchérit : « Moi, c’est Diallo Amadou Oury je fais
partie des gens qui ont été omis. A l’instant où je vous parle, il y a 1008 personnes qui sont omises sur les 4200 qu’ils ont affichés. Ce résultat n’est pas encore véridique. Il y a 2992
personnes d’abord et le total des inscrits sur la liste il ya 3600 et quelques admis après ils ont fait un test à l’intérieur et ont fait un rajout. Même des personnes qui ont été formé par IFES
(Fondation internationale des systèmes électoraux NDLR) ont été balancées au sein de la CENI. C’est ce qui fait que la liste est exorbitante. Ce que nous demandons comme nous sommes admis c’est
de regarder nos PV dans l’ordinateur les fichiers sont là-bas et s’ils ne retrouvent pas le nom ça ne sert à rien de revendiquer mais, si nos noms sont là-bas nous demandons au président de la
CENI de sortir les vrais résultats ».
D’autres opérateurs de saisi omis soutiennent aussi que Louncény Camara aurait recruté à
leur place des personnes acquises à la cause du RPG-Arc-en-ciel pour, disent-il, un montant d’un million deux cent mille (1 200 000 GNF) que chacun doit percevoir par mois et ce, pendant sept
mois.
Par rapport à cette manifestation, Ousmane King Bangoura du département logistique de la
CENI et coordinateur de la région de Faranah affirme que la CENI est une institution indépendante et personne ne pourra les influencer ni les intimider : « Nous avons pris les personnes admises
et nous avons repêché jusqu’à la moyenne 7, les gens sont venus signer leur contrat. Après on a donné ce travail à une commission dirigée par un commissaire pour la ventilation de ceux qui ont eu
la moyenne au niveau des différentes préfectures et dans les 36 circonscriptions électorales. L’être humain n’est pas parfait, il peut eu avoir des erreurs et nous avons constaté qu’il y a eu des
omissions des sous-préfectures et des noms. Nous sommes entrain de corriger ça. Ce ne sont pas les cris qui vont arranger les choses. Nous sommes une institution indépendante personne ne peut
nous influencer ni nous intimider », martèle t-il et Ousmane King Bangoura de poursuivre : « Nous leur avons demandé de constituer une commission qui va travailler avec nous. Tous ceux qui ont
06, 07, 08, 09 et 10 de moyenne leurs noms seront relevés sur la liste et c’est conformément, à cela que nous allons vérifier si ce qu’ils réclament est vrai ou faux. S’ils ont été omis il n’y a
pas de problèmes on les rétablit dans leur droit ».
Selon bon nombre d’observateurs, cet autre acte de Louncény Camara prouve à suffisance
l’incapacité de celui-ci à organiser des élections transparentes et surtout décrédibilise la Commission électorale nationale indépendante avec à sa tête Louncény Camara décrié par l’opposition
regroupée au sein du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP).
koaci.com