La Guinée nouvelle
22 Septembre 2012
De nouveaux incidents ont eu lieu samedi entre jeunes manifestants et forces de l'ordre dans la banlieue de
Conakry et aux abords du grand marché de Madina, faisant quelques blessés légers, au lendemain de la mort d'un jeune partisan de l'opposition, a constaté le correspondant de
l'AFP.
Les deux principales voies d'accès au centre de Conakry étaient fermées à la circulation et des gendarmes
et policiers casqués patrouillaient à bord de véhicules de l'armée.Des jeunes partisans du leader de l'opposition Cellou Dalein Diallo enflammaient des pneus et narguaient les forces de l'ordre
qui les pourchassaient à travers des quartiers populaires de la banlieue, fiefs de l'opposition.
Dans le quartier de la Minière, des gendarmes ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des jeunes
attroupés devant le siège de l'UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée, parti de Cellou Dalein Diallo).
Vendredi, un jeune partisan de l'UFDG, âgé de 26 ans, avait reçu une balle dans la nuque, tirée par un
gendarme, dans le quartier de Koloma, et était mort à l'hôpital.
Une délégation gouvernementale conduite par le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a rencontré samedi
après-midi Cellou Dalein Diallo à son domicile.
La délégation est venue me présenter ses condoléances au nom du président Alpha Condé pour la mort hier
(vendredi) de Mamadou Alpha Barry, militant de mon parti, tué par un agent des forces de l'ordre à Koloma, a expliqué M. Dalein Diallo. Il s'agit de la seconde victime, parmi mes militants,
depuis l'installation d'Alpha Condé au pouvoir, en décembre 2010, a-t-il relevé.
J'ai réitéré mon exigence: que soient libérées toutes les personnes interpellées vendredi et démilitarisés
les quartiers favorables à mon parti. Il faut cesser de faire de la discrimination entre les populations guinéennes, a-t-il déclaré.
Tôt samedi, des jeunes Malinkés (ethnie du président Condé) avaient empêché des commerçants peuls (ethnie
de l'opposant Diallo) d'accéder au grand marché de Madina, principal centre commercial de la capitale.Ils jetaient des cailloux sur les passants aux abords du marché, a rapporté une commerçante,
Ramatoulaye Sow.
Le président Alpha Condé, élu en 2010, avait exhorté au calme vendredi soir, dans un discours à la
télévision.Que ceux qui veulent marcher marchent, avait-il dit à l'attention des opposants. Mais que personne n'en profite pour créer des troubles et le désordre, avait-il ajouté, affirmant que
les violences visaient à créer un climat de tension pour paniquer la population et décourager les investissements.
Jeudi, à Conakry, l'opposition guinéenne avait organisé une grande marche pour exiger des élections
législatives libres, crédibles et transparentes, repoussées depuis 2011. Cette manifestation - autorisée - s'était déroulée dans le calme et n'avait été marquée que par quelques échauffourées au
niveau du même marché de Madina.