La Guinée nouvelle
22 Septembre 2012
Un jeune Guinéen a été tué par un gendarme vendredi après-midi dans la banlieue de Conakry, au cours d'une
descente des forces de l'ordre à la suite d'échauffourées dans la ville, a-t-on appris auprès de sa famille et de sources hospitalière.
Dans la soirée, le président Alpha Condé s'est adressé à la Nation pour exhorter au calme. Son discours
pré-enregistré ne mentionnait pas la mort du jeune homme.
Mon neveu, Mamadou Alpha Barry, a été mortellement blessé par un gendarme qui lui a tiré une balle dans la
nuque, dans notre quartier de Koloma (banlieue de Conakry), a déclaré à l'AFP Mamadou Oury Barry. Nous l'avons transporté d'urgence à l'hôpital Donka. Il a rendu l'âme. Son corps est à la morgue,
a-t-il ajouté.
Cette information a été confirmée par une source hospitalière qui a indiqué que Mamadou Alpha Barry, 26
ans, avait reçu une balle dans la nuque. Il est arrivé à l'hôpital Donka dans un coma profond après avoir perdu beaucoup de sang. Nous avons essayé de faire l'impossible, mais il est
décédé.
La même source hospitalière a affirmé qu'au moins 13 personnes avaient reçu des soins pour des blessures
légères.
Nous avons été surpris de voir cette descente violente des forces de l'ordre dans notre quartier, à cause,
dit-on, d'affrontements entre Malinkés et Peuls qui avaient éclaté très loin de chez nous, au grand marché de Madina, a déclaré un habitant du quartier de Koloma.
Vendredi matin, au moins 46 personnes avaient été légèrement blessées, dont 13 policiers et gendarmes, dans
des affrontements entre partisans du pouvoir et opposants, selon une source policière.
Des témoins interrogés par l'AFP au grand marché de Madina, ont indiqué que des jeunes Malinkés (l'ethnie
du président Condé) avaient frappé un Peul (l'ethnie du principal opposant, Cellou Dalein Diallo) avant de lui voler ses affaires, vendredi matin. La victime avait fait appel à ses parents peuls,
voulant laver l'affront, selon la même source.
Une fausse rumeur s'est répandue que le jeune Peul attaqué avait été tué, a expliqué à l'AFP un officier de
police.
Au moins huit véhicules ont été endommagés ou incendiés, deux motos calcinées et six boutiques incendiées
par les jeunes partisans du pouvoir, selon un rapport de police rendu public vendredi en fin d'après midi.
A la mi-journée, les affrontements ont gagné les quartiers de Bambéto et Dar-es-Salam, majoritairement
peuls, en banlieue de Conakry. Des jeunes Peuls s'attaquaient aux Malinkés, les sortant de force des taxis et véhicules, avant de les frapper, selon des habitants.
Le président Condé, élu en 2010, s'est adressé vendredi soir aux Guinéens. Tout en déplorant les actes de
vandalisme et les destructions des autobus de transport publics (...), j'exhorte au calme. Des citoyens ont vu leurs biens saccagés : des boutiques ont été vandalisées sans raison, des véhicules
de particuliers détruits. Ces actes (...) sont inacceptables, a-t-il dit.
Que ceux qui veulent marcher marchent, a lancé le chef de l'Etat, à l'attention des opposants. Mais que
personne n'en profite pour créer des troubles et le désordre, a-t-il ajouté, affirmant que les violences visaient à créer un climat de tension pour paniquer la population et décourager les
investissements.
Jeudi, à Conakry, l'opposition guinéenne avait organisé une grande marche pour exiger des élections
législatives libres, crédibles et transparentes, sans cesse repoussées depuis 2011. Cette manifestation - autorisée - s'était déroulée dans le calme et n'avait été marquée que par quelques
échauffourées au niveau du marché de Madina.
AFP