
Une organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme a appelé mardi la Cour pénale
internationale (CPI) à se saisir du dossier du massacre du 28 septembre dernier, après que la commission d'enquête guinéenne eut blanchi le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.
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Une saisine de la Cour pénale internationale est indispensable pour que la Guinée rompe avec l'impunité", a déclaré à l'AFP
Mamadi Kaba, le responsable de la branche guinéenne de la
Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (
Raddho).
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Si nous continuons (dans l'impunité), les mêmes crimes se reproduiront. Les autorités politiques et judiciaires ne sont pas prêtes à aller vers la manifestation de la vérité",
a-t-il ajouté.
Selon lui,
la commission d'enquête guinéenne mise en place par la junte "avait été constituée pour blanchir certaines autorités" et n'a donc "fait que son travail".
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Je ne pense pas qu'elle soit suffisamment crédible pour remettre en cause les conclusions de la commission d'enquête de l'ONU qui avait fait un travail très sérieux", a souligné M.
Kaba.
La commission onusienne avait rendu fin décembre son rapport sur la répression sanglante du rassemblement de l'opposition le 28 septembre, en donnant un bilan d'au moins "156 morts ou disparus" et
"109 femmes" victimes de violences sexuelles.
Qualifiant ces faits de crimes contre l'humanité, la commission avait souligné la "responsabilité pénale individuelle" du chef de la junte, de son ex-aide de camp, le lieutenant Aboubacar Chérif
Diakité dit Toumba, et du ministre chargé des services spéciaux, le commandant Moussa Tiegboro Camara.
Mais l'enquête guinéenne a blanchi le chef de la junte et le commandant Camara, ne préconisant des poursuites judiciaires que contre un militaire nommément cité, le lieutenant "Toumba", en fuite
après avoir tenté d'assassiner le 3 décembre Dadis Camara.
La présentation du rapport de la commission nationale intervient avant la visite, le 15 février à Conakry, de la procureure adjointe de la CPI, Fatou Bensouda, afin de déterminer si les crimes
commis le 28 septembre relèvent de la compétence de la CPI.