La Guinée nouvelle
7 Octobre 2010
Le processus électoral en Guinée est complètement bloqué. Les partisans de l’ancien Premier ministre,
Cellou Dalein Diallo, demandent à l’Union africaine et à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) d’aider le pays à sortir de cette impasse. Ils estiment que le général
Konaté est soumis à de fortes pressions qui l’empêchent d’organiser le second tour de la présidentielle.
Le processus électoral en Guinée est dans une totale impasse, près de quatre mois après le premier tour de l’élection
présidentielle du 27 juin dernier. Du jamais vu dans l’histoire du monde moderne. Les partisans de l’ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, appellent la communauté internationale
notamment l’Union africaine (Ua) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) à la rescousse pour débloquer la situation. Ils estiment que ces organisations peuvent
jouer un rôle prépondérant pour aider le pays à sortir de l’impasse en aidant notamment le général Konaté à organiser le scrutin présidentiel dans un climat apaisé. ‘Nous sommes actuellement dans
une impasse et les choses n'avancent pas comme on s'y attendait. Il y a maintenant près de quatre mois depuis que le premier tour des élections s'est déroulé. C'est exceptionnellement trop long.
Nous pensons que quelque chose doit être fait pour faire bouger les choses de nouveau et accélérer le processus. A ce stade, nous pensons que nous avons besoin d'une intervention internationale
pour nous aider’, a déclaré mardi, à Conakry, Youssouf Sylla, conseiller du candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg), selon africaguinee.com.
Cet aveu d’impuissance des partisans de l’ancien Premier ministre du général Lansana Conté traduit éloquemment l’échec des autorités de la transition à conduire, en toute impartialité, le processus électoral en cours. Il démontre aussi le climat de suspicion et de manque de confiance qui règne dans le pays depuis la proclamation des résultats définitifs du premier tour en juillet dernier. Pour l’alliance ‘Cellou Dalein Diallo président’, le président par intérim est devenu prisonnier des forces centrifuges qui veulent prolonger indéfiniment la transition et empêcher la Guinée de rentrer dans le cercle restreint des pays démocratiques. Certes, il n’est pas aisé dans un pays comme la Guinée, qui sort de plus d’un demi-siècle d’obscurantisme, de suivre l’exemple des présidents Amadou Toumani Touré du Mali ou de Jerry Rawlings (Ghana).
Suspicion née de l’élection du président de la Ceni
Il faut donc comprendre la situation inconfortable dans laquelle se trouve aujourd’hui le président guinéen. Sékouba Konaté a aujourd’hui besoin de l’aide de la communauté internationale pour sortir de cette situation la tête haute. ‘Le général Konaté est soumis à un certain nombre de pressions de groupes et il n'est donc pas facile pour lui de prendre la bonne décision. Je pense qu'il a besoin d'aide. Nous avons besoin de la communauté internationale, en particulier de la Cedeao et de l'Union africaine pour agir très rapidement et nous aider à mettre ce processus électoral en route’, a précisé M. Sylla, d’après notre source. Il a, par ailleurs, déploré les lenteurs constatées dans l’organisation du second.
Pendant ce temps, la suspicion qui entoure l’élection controversée du nouveau président de Commission électorale nationale indépendante (Ceni) se poursuit entre l’alliance ‘arc-en-ciel’, qui soutient la candidature du président du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg), Alpha Condé, et le camp de Cellou Dalein Diallo. Aucune lueur d’espoir ne semble pour l’instant poindre à l’horizon pour dénouer cette crise. Le président Konaté dont l’Ufdg avait demandé la position ne s’y est pas encore prononcé. C’est dans ce climat délétère que les partisans de Cellou Dalein Diallo annoncent avoir découvert des cas de rétention des procès-verbaux destinés à la commune de Ratoma, la plus grande circonscription électorale de Conakry. Ils font également état de la disparition de 8 985 cartes alphanumériques destinées à la Moyenne Guinée, fief de leur candidat et à la Guinée maritime, principal grenier électoral de l’ancien Premier ministre, Sidya Touré, allié de Cellou Dalein Diallo. Ils soupçonnent le nouveau président de la Ceni, Loncény Camara (un proche d’Alpha Condé) d’être mêlé à cette histoire.