La Guinée nouvelle
2 Octobre 2010
Sékouba Konaté en a-t-il vraiment assez du pouvoir ? A l’entendre parler, on n’hésite pas à répondre par l’affirmative.Il ne rate aucune occasion pour faire savoir
à quel point il a en exécration le pouvoir.
En Guinée en tout cas (il n’en existe pas beaucoup des espèces de cet acabit). Sa dernière sortie en date ne déroge pas à la règle. On peut même dire qu’il est allé un peu
plus loin.
« Moi, j’en ai rien à foutre du pouvoir. Je n’ai qu’une
envie, c’est de claquer la porte, mais c’est mon entourage qui m’en empêche. A Ouagadougou, on m’a forcé la main, je n’aurais jamais dû accepter », regrette-t-il dans un curieux entretien accordé
à RFI ce 29 septembre à 2 heures du matin (s’il vous plaît), le général sauveur alterne phrases choc, témoignages peu diplomatiques et menaces puériles.
Sékouba en a marre des enfantillages des deux candidats à l’incertain second tour de la
présidentielle, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé : « Je leur ai dit plusieurs fois de se rencontrer mais ils ne m’écoutent pas et les problèmes ethniques montent ».
Ça, on le savait déjà mais que propose le chef suprême des armées face à cette impasse
éthnico-électorale ? Accrochez-vous, la réponse est aussi terrifiante qu’incompréhensible : « Si les deux candidats ne sont pas capables de s’entendre, je ferai le tour des garnisons et
j’imposerai s’il le faut par la force un civil à la tête du pays ».
Faire un coup de force pour placer un civil, n’est-elle pas là la promesse de tous les putschistes du monde ? Autrement dit Sékouba Konaté menace de fomenter un autre coup
d’Etat avec les mêmes objectifs que le précédent…
Mais on comprend
mieux car il l’a dit lui-même, la politique, ce n’est pas son fort. L’on se demande comment il se débrouille d’ailleurs au Palais du Peuple de Conakry. « Moi je ne comprends rien à la politique,
je laisse tout ça à Tibou Kamara, le secrétaire général de la présidence que je viens de nommer ministre d’Etat », a-t-il confié à Cyril Bensimon, le très noctambule journaliste de la Radio du
Monde.
Les nostalgiques de l’époque du "Dadis Show" (s’il en existe)
ont de quoi espérer ! Parlant du singulier hôte de Blaise, le général président donne de ses nouvelles et le décrit comme « un faux type, un menteur, aujourd’hui il a peur de moi et fait tout
pour m’éviter à Ouagadougou ». Dadis appréciera, lui qui n’aimait pas non plus le pouvoir mais n’arrive toujours pas à digérer son éviction !