La Guinée nouvelle
5 Juin 2013
Le monde des affaires connaît un ralentissement voire une paralysie avec la réduction des activités
dans les marchés de Conakry, la capitale guinéenne, où certains opérateurs économiques ont décidé de fermer leurs boutiques pour des questions de sécurité, après les actes de vandalisme perpétrés
contre des commerces durant les événements malheureux enregistrés récemment lors des manifestations de l'opposition.
Le constat est patent. La capitale guinéenne a en effet retrouvé son calme, après des convulsions
sociopolitiques qui ont fait une douzaine de morts, selon des sources officielles, mais les activités économiques elles tournent au ralenti.
Cet état de fait à en croire des opérateurs économiques interrogés par un reporter de Xinhua, sous le
sceau de l'anonymat, vise à protester contre les pillards, qui se sont attaqués, il y a une dizaine de jours au marché de Cosa, où les magasins furent vandalisés, et une partie du marché
incendié.
Avant ces actes de vandalisme qui ont visé ce marché, le marché de Taouyah ainsi que le principal
marché de la capitale furent la cible d'individus, en février dernier. C'était lors d'une autre manifestation de l'opposition, qui avait dégénéré en émeutes.
Cette situation d'insécurité a fini par provoquer une psychose chez de nombreux commerçants, pour qui
le seul moyen d'échapper désormais à ces attaques, c'est de fermer boutique. En attendant de voir ce que les autorités compétentes vont entreprendre pour lutter contre cette
insécurité.
Cette réaction des opérateurs économiques serait en fait spontanée. Il ne s'agit pas d'une action
concertée en fait, à en croire le Groupe organisé des hommes d'affaires (GOHA), qui n'a pas donné de mot d'ordre de suspension des activités sur les marchés. Mais qui comme tout le monde vit la
situation avec circonspection.
Concernant les actes de vandalisme commis en février contre des magasins de certains marchés de
Conakry, le GOHA a estimé récemment les pertes subies suite à ces incidents à près de 60 milliards de francs guinéens soit 6 millions d'euros.
Cette association chargée de défendre les opérateurs économiques avait procédé à une enquête auprès
des victimes, à la demande du gouvernement guinéen, qui avait promis de se pencher sur le cas de ceux qui ont été la cible de ces pillages.
A ce jour, aucun dédommagement n'a encore été accordé aux victimes, d'après nos
informations.
Ce ralentissement des activités sur les marchés de la capitale guinéenne a entraîné une hausse des
prix des produits. Comme on peut le constater ces dernières semaines, avec un circuit d'approvisionnement presque fermé.
Ce sont finalement les pauvres consommateurs qui paient les frais de cette crise qui affecte la vie
économique dans la capitale. Une conséquence des violences qui ont été enregistrées à Conakry, depuis le début de l'année, suite à une mésentente entre le pouvoir et l'opposition autour des
préparatifs du scrutin législatif.