La Guinée nouvelle
22 Avril 2012
La Guinée, considérée comme une plaque tournante du trafic d'espèces protégées, a procédé, pour la première
fois depuis son indépendance en 1958, à l'arrestation de sept trafiquants d'ivoire et de peaux de panthères.
En tout, près de 80 kg d'ivoire sculpté et dix peaux de panthère ont été saisis, pour une valeur d'au moins
350 millions de francs guinéens (50.000 dollars, près de 38.000 euros), a expliqué samedi le ministre guinéen délégué à la sécurité Maramany Cissé lors d'une conférence de
presse.
Les trafiquants dont la nationalité n'a pas été divulguée, ont été arrêtés le 28 mars dernier et incarcérés
à Conakry dans l'attente d'un jugement, a-t-il précisé.
C'est la première fois que des gens sont poursuivis pour trafic d'espèces d'animaux protégés en Guinée
depuis l'indépendance du pays en 1958, a souligné un agent chargé de la répression du trafic de la faune sauvage. C'est pour cette raison que, selon lui, la Guinée était identifiée comme une
plaque tournante du trafic de faune à l'échelle internationale.
Il ne s'agit que d'un début, a affirmé le ministre Maramy Cissé, assurant que les autorités guinéennes
entendent mettre fin à ce trafic qui avait pris une ampleur incontrôlée dans le pays.
La Guinée est signataire de la Convention sur le commerce internationale des espèces de Faune et de flore
sauvages menacées d'extinction (CITES), mais manque de moyens pour la faire appliquer.
De nombreuses espèces (chimpanzés, éléphants, lions, panthères, perroquets gris) ainsi que des espèces
exotiques sont exportées de manière illicite depuis la Guinée.
Selon les experts, le cas de l'ivoire est particulièrement préoccupant.
La Guinée ne compte plus que quelques dizaines d'éléphants, en raison d'une demande sans précédent suscitée
par l'explosion du coût de l'ivoire sur les marchés asiatiques.
En outre, de l'ivoire d'Afrique centrale et orientale transite également par la Guinée, comme par d'autres
pays d'Afrique de l'Ouest.