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Publié par bouba&Afp

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Le président bissau-guinéen Malam Bacai Sanha s'est livré à une critique virulente de la mainmise de l'armée sur le pays et de son implication dans le trafic de drogue. Son prédecesseur, Joao Bernardo Vieira, avait été assassiné par des militaires en mars 2009.

La prise de position est inhabituelle dans cette ancienne colonie portugaise dominée par l'armée depuis son indépendance.

"On a l'habitude de dire que pour garder longtemps le pouvoir, il faut "cirer les pompes" des militaires. Je vous dis que cela est fini maintenant, il faut que cela soit clair pour tous!", a déclaré le président Bacai Sanha, apparemment très en colère, devant les plus hautes autorités civiles et militaires réunies au sein du Conseil supérieur de la défense nationale.

"La Guinée-bissau n'est pas une propriété privée des militaires pour que le pays soit toujours pris en otage par l'armée. Nous n'accepterons pas d'être des otages éternels entre les mains des militaires", a lancé le chef de l'Etat lors de la réunion au début de laquelle un correspondant de l'AFP a pu assister.
Il s'exprimait en présence du nouveau chef d'état-major des forces armées, le général Antonio Indjai, de la haute hiérarchie militaire, ainsi que du chef du gouvernement, Carlos Gomes Junior, et de plusieurs ministres.

"Le pays est fatigué des soubresauts, tout le peuple en a marre!", a-t-il dit, en insistant sur la nécessité de restaurer la discipline "dans toutes les unités militaires ou de police".

M. Bacai Sanha ne s'était jamais exprimé d'un ton aussi virulent depuis son élection à la présidence, en juillet 2009, quatre mois après l'assassinat du président Joao Bernardo Vieira par des militaires.

Il réagissait ainsi à l'agression, mardi, de cinq agents de la police de la circulation, sévèrement battus par des soldats proches du général Indjai.

 

Officiers tête baissée


Le 1er avril, le général Indjai avait renversé le chef des armées. Le même jour, il avait fait arrêter le Premier ministre, que des militaires avaient séquestré pendant plusieurs heures et menacé de mort.

Puis, le 25 juin, le président Bacai Sanha avait officialisé la nomination d'Indjai à la tête de l'armée, ce que la communauté internationale avait fortement réprouvé.

Depuis l'indépendance de cette ex-colonie portugaise, en 1974, l'armée a toujours dominé la vie de la Guinée-Bissau, l'un des pays les plus pauvres au monde, devenu une plaque tournante du trafic de cocaïne.

A ce sujet, M. Bacai Sanha a annoncé: "Celui qui veut s'adonner au narcotrafic doit être exclu de nos forces armées. Le trafic de drogue doit finir dans ce pays!"

"Je m'adresse à tous les membres de l'Etat, c'est incompatible d'être responsable de l'Etat ou de l'armée et d'être mêlé au trafic de drogue. Assez, assez, maintenant!", a-t-il dit.

Un grand silence a accueilli ces propos dans la salle des réunions de la présidence. Tête baissée, des officiers toussotaient ou acquiesçaient parfois de la tête.

La presse a ensuite été priée de quitter la salle pour que la réunion se poursuive à huit clos.

Le 3 juillet, les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avaient déploré, dans un communiqué, le "peu de progrès enregistré dans la lutte contre l'impunité" en Guinée-Bissau.

Ils avaient "exhorté" le président Bacai Sanha à créer les conditions propices "pour la mobilisation de la communauté internationale en faveur de l'indispensable programme de réforme du secteur de la sécurité".

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