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Publié par bouba

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En observant la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire, on peut affirmer à juste titre que Nicolas Sarkozy n’est pas De Gaulle et que Claude Guéant ne sera jamais Jacques Foccart.

En effet, l’un comme l’autre ne pourront jamais avoir la même influence, la même habilité qu’ont eu leurs prédécesseurs précités.

En fait, au fil du temps et des différentes mandatures présidentielles françaises, les réseaux occultes de la Francafrique ont connu comme toutes choses une dépréciation ou un cycle de vie. Et nombreux sont ceux qui ne pourront dire le contraire : la Francafrique est arrivée à son stade de déclin.

C’est dans son célèbre livre « La rue Cases-Nègres » que Joseph Zobel soutenait avec vivacité que « l’instruction demeure la clé qui ouvre la deuxième porte de la vie ». Derrière cette grande phrase, ce nègre bien instruit aux méthodes occidentales ne remettait nullement en cause la richesse de l’instruction version africaine mais invitait à une forme d’éveil mais surtout à une maîtrise des modes de pensées de l’adversaire pour pouvoir mieux y faire face. Et cela, bon nombre d’africains l’ont compris et y sont parvenus.

C’est pourquoi, nous refusons, en soutenant corps et âmes Laurent Gbagbo, les célèbres mots provocateurs, insultants et humiliants s’étouffant dans le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy lorsqu’il affirmait : « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée du progrès ».

Si de telles paroles déshumanisantes et inacceptables pour l’honneur de nos frères « paysans africains » semblent être discutables quand bien même ils n’ont rien de différents et à envier aux paysans occidentaux très souvent à peine cultivés, il va s’en dire qu’il n’en est pas de même pour les millions d’intellectuels africains bien outillés dans les méthodes d’analyse occidentales en général et françaises en particulier. Autrement dit, Nicolas Sarkozy a certainement oublié qu’en Afrique il n’existait pas que des paysans certes pas intellectuels mais suffisamment intelligents pour sauvegarder même dans ce qu’il appelle la pauvreté, toute la richesse culturelle qui a toujours fait la fierté de notre continent.

Aussi, ce fameux recommencement dont parle Nicolas Sarkozy, l’intellectuel africain qui n’est que le complément de l’intelligent paysan africain refuse qu’il se produit à nouveau pour Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. En effet, le réalisateur français Patrick Benquet, à travers son film documentaire « Francafrique, 50 ans sous le sceau du secret » vient offrir des outils supplémentaires aux intellectuels africains afin qu’ils rejettent sans état d’âme cette volonté du palais présidentiel français à faire vivre ou subir cet éternel recommencement politique qui a posé un grand tort à notre terre natale, l’Afrique.

Souvenons nous que dans son film documentaire qui est un support de bonne facture pour aider l’Africain à plus s’incruster dans l’Histoire, Patrick Benquet dans la première partie dénommée « la raison d’Etat » nous présente les modes opératoires jadis utilisés par la France de De Gaulle et Foccart pour fausser le véritable décollage de l’Afrique. En guise d’exemples, nous nous limiterons au seul cas de la Guinée de Sékou Touré qui est identique au cas de la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo.

Tout d’abord, nous avons ce discours historique du jeune intellectuel et intelligent Sékou Touré, qui est loin d’être un paysan africain, prononcé devant le vieux guerrier, le général De Gaulle. Dans celui-ci il y dit : « Il n’y a pas de dignité sans liberté. Nous préférons la pauvreté dans la liberté, à la richesse dans l’esclavage ». D’aucun n’ignore que ces simples mots plein de sens n’avaient nullement plu au général De Gaulle qui se lança dans une attaque à peine voilée, telle une méduse dépourvue de son piquant, contre le jeune Etat guinéen de Sékou Touré. Pour ce faire, il utilisa des méthodes plus qu’inhumaines : ruiner l’économie de la Guinée en y introduisant de la fausse monnaie, armer les opposants de Sékou Touré afin de fomenter les troubles dans le pays donc créer une forme d’instabilité.

D’ailleurs Maurice Robert, ancien chef du secteur Afrique au SDECE (Service De Contre Espionnage) reconnaît que cette manœuvre de déstabilisation fut un véritable succès. Ce qui nous invite à nous demander si cinquante années après la mise en place d’une telle méthode de déstabilisation à la française subit par nos pères, nous, jeunes générations africaines sommes prêtes à accepter qu’elle puisse trouver à nouveau un écho favorable dans notre continent ?

En fait, pour ce qui est de la Côte d’Ivoire, la mascarade est plus que maladroite voire même grossière. D’où son échec patente encore réfuté par les occidentaux en tête de liste la France selon Nicolas Sarkozy. A ce sujet, il n’aurait pas été surprenant d’entendre le général De Gaulle ou Jacques Foccart parler de véritables amateurs siégeant au palais de l’Elysée.

Depuis près d’une dizaine d’années, plus personne n’ignore qu’Alassane Ouattara, le favori des ennemis de Thomas Sankara et Patrice Lumumba, dirige une rébellion aux vues et sus de tous sans que ceux qui vantent leur ferme volonté de voir la Côte d’Ivoire dans la stabilité ne crient au scandale. Nous devons garder en tête queMaurice Robert affirma que pour déstabiliser Sékou Touré, la France avait été contrainte d’armer les opposants du président élu de ce pays comme en Côte d’Ivoire où actuellement Laurent Gbagbo détient une forte légitimité du peuple ivoirien. Et c’est ce qui constitue le véritable casse tête chinois qui s’est imposé aux déstabilisateurs de la Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo.

Puis, la France selon Nicolas Sarkozy qui finalement n’est en proie au changement que de nom ou de discours a tenté sa manoeuvre électorale en se cachant derrière l’ONU, cette espèce de machin comme le disait aisément le Général De Gaulle.

Hélas, trop vigilant et plus intelligent mais surtout possédant un véritable sentiment patriotique, les responsables des institutions de la Côte d’Ivoire refusèrent d’entrer dans le jeu malsain et trop facile de cette France corrompue. Elles optèrent pour le respect de la décision du peuple souverain à travers la proclamation des résultats du scrutin électoral selon la Constitution ivoirienne au grand détriment de la simple volonté de l’avis occidental. La Côte d’Ivoire n’a pas vocation à être un gouvernorat français. Ainsi s’exprimaient de nombreux responsables politiques et religieux de ce pays.

De plus, pour tenter de renverser Laurent Gbagbo, le président légal et légitime de la Côte d’Ivoire comme l’avait été Sékou Touré, c’est sans gêne ni honte que de nombreuses menaces, de multiples ultimatums et une véritable pluie de tentatives de corruption ouvertes et médiatisées n’a cessé de fuser de toutes parts. Mais en vain, le peuple ivoirien et celui de l’Afrique avide de liberté sont plus que jamais debout.

C’est pourquoi, nos déstabilisateurs en chef ne savent plus où mettre leurs têtes car ils constatent avec amertume que l’éternel recommencement auquel certains hommes africains les avaient habitué a totalement disparu. Les méthodes de manipulation et de déstabilisation n’aideront pas cette fois ci leur poulain, Alassane Ouattara à prendre la tête de la Côte d’Ivoire.

Et, à défaut d’introduire de faux billets en Côte d’Ivoire pour plomber son économie qui est incontournable dans la CEDEAO, ses ennemis optèrent pour son isolement financier et diplomatique. Cependant, la question de fond reste à savoir si les autres états de l’Afrique de l’Ouest pourront se passer de la puissance économique que représente la Côte d’Ivoire dans cette région du continent noir ou si le phénomène de la mondialisation ne jouera pas totalement en faveur de Laurent Gbagbo au grand détriment des intérêts non négligeables de la France dans ce pays.

Enfin, comme pour la Guinée de Sékou Touré, afin de susciter une impressionnante animosité pour Laurent Gbagbo, certains médias français, malheureusement plus nombreux, ont fait le choix de lui faire subir une guerre médiatique à défaut d’une guerre armée qui ne s’expliquerait pas ou qui ne se justifierait pas. Le but visé est clair : rendre Laurent Gbagbo impopulaire. Mais une fois de plus, l’évolution du monde qui n’est certainement pas à répétition comme quelqu’un l’avait dit pour le paysan africain, Internet vient renforcer les capacités de Laurent Gbagbo mais surtout présenter au monde entier la véritable facette de la mascarade ratée dont il est victime. D’ailleurs, il existe même des jeunes patriotes numériques (www.lespatriotes.orgqui regroupent aussi bien des citoyens ivoiriens que des non ivoiriens désireux d’aider Laurent Gbagbo à  amputer une jambe à la Francafrique.

Affirmons sans risque de nous tromper que l’esprit de la rupture tant prôné n’est qu’un leurre et qu’il n’est beau à entendre que dans les discours du simple fait de la beauté de la langue française.

Et, sachant que la Francafrique a une jambe au Gabon et une autre en Côte d’Ivoire, il serait plus que salvateur qu’on lui coupe la jambe qui lui a servi pour pénétrer le sol noir : celle qui est basée en Afrique de l’Ouest donc en Côte d’Ivoire. Ainsi, l’Afrique entrera à jamais dans l’histoire en humiliant ceux qui affirment qu’elle n’est pas assez entrée dans l’histoire. Ce combat se joue maintenant et il se passe en Côte d’Ivoire derrière l’action de Laurent Gbagbo.

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