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Guinée: levée de l'interdiction aux médias d'évoquer l'attaque contre le président

 

 Le Conseil national de la communication (CNC) de Guinée a levé jeudi l'interdiction faite le 25 juillet aux médias guinéens d'évoquer l'attaque contre la résidence privée du président Alpha Condé à Conakry, a annoncé la responsable de cet organe gouvernemental.

J'ai ordonné la levée de l'interdiction qui frappait les médias, tous (genres) confondus, privés et publics, sur l'attaque contre la résidence du chef de l'Etat en concertation avec des représentants de la presse, a déclaré à l'AFP Martine Condé, présidente du CNC, jointe par téléphone.

Selon Mme Condé, la mesure d'interdiction a été levée dans le cadre de l'appel à l'apaisement lancé par le chef de l'Etat peu après l'attaque, le 19 juillet par des militaires en armes, du domicile du président guinéen à Conakry. Alpha Condé en est sorti indemne, mais un garde présidentiel a été tué, deux ont été blessés.

Le 25 juillet, le CNC avait décidé la suspension temporaire de toute émission, ou de tout article relatif à l'attentat contre la vie du Chef de l'Etat, ainsi que toute émission interactive à caractère politique en français et dans toutes les langues nationales sur toute l'étendue du territoire, décision valable pour tous les organes d'information publics et privés du pays.

D'après Martine Condé, la levée de la mesure n'a été motivée par aucune pression.

Nous avions pris la décision (d'interdiction) de façon souveraine, et nous l'avons levée de façon souveraine. Nous voulions éviter des débordements, parce que beaucoup de personnes se sont plaintes chez nous, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

L'interdiction avait été dénoncée par les associations de professionnels de la presse guinéenne, y voyant une violation flagrante de la Constitution qui consacre la liberté de presse parmi les libertés fondamentales. 

Jeudi matin, la France s'était déclarée préoccupée par cette interdiction qui constitue une atteinte grave à la liberté d'expression, selon le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, qui avait affirmé: L'attentat contre le président Condé ne doit pas justifier des restrictions aux libertés fondamentales. (...) Nous demandons au président Condé de reconsidérer cette décision en sa qualité de garant des libertés en Guinée.

Depuis l'attaque, 38 personnes (25 militaires et 13 civils) ont été arrêtées, selon le ministère de la Justice. Une information judiciaire a été ouverte pour, entre autres chefs d'accusation, tentative d'assassinat du chef de l'Etat, d'après le parquet général de Conakry.

Selon une source judiciaire, un premier groupe de six personnes accusées d'avoir participé ou d'être liées à l'attaque a été présenté mercredi devant un tribunal à Conakry.

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